Investissements offshore : l’Office des changes traque les irrégularités financières
L’Office des changes a récemment intensifié ses opérations de contrôle visant des investisseurs marocains disposant d’intérêts économiques importants à l’étranger, notamment dans les pays du Golfe et en Afrique. Au total, dix-sept investisseurs sont concernés par ces vérifications, qui portent sur des transferts financiers de grande ampleur effectués au cours des dernières années.
Ces contrôles s’appuient sur un dispositif d’analyse avancé reposant sur l’intelligence artificielle, récemment intégré aux outils de l’Office. Ce système permet de croiser les données issues des déclarations fiscales, des flux bancaires et des informations comptables afin de détecter d’éventuelles irrégularités liées au non-rapatriement des revenus ou à des montages financiers suspects.
Les investigations ont mis en lumière des transferts cumulés estimés à environ cinq milliards de dirhams vers plusieurs destinations, dont les Émirats arabes unis, Bahreïn, la Libye, la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Une attention particulière est portée aux investissements réalisés en Afrique de l’Ouest, où certains opérateurs marocains ont mis en place des filiales ou des structures juridiques locales.
Dans ce cadre, l’Office des changes collabore étroitement avec la Direction générale des impôts et les services des douanes. Les contrôleurs ont obtenu l’accès à des comptes bancaires et exigé des justificatifs détaillés afin de vérifier que les bénéfices générés par ces investissements ont bien été rapatriés au Maroc, conformément à la réglementation en vigueur. La loi des changes interdit en effet le maintien à l’étranger de revenus issus d’investissements marocains sans autorisation expresse.
Les audits en cours portent également sur la traçabilité des dépenses engagées par les entités établies hors du territoire national. L’objectif est de s’assurer que ces flux financiers correspondent à des activités économiques réelles et qu’ils ne dissimulent pas des opérations de fuite de capitaux ou de manipulation comptable. Certains investisseurs invoquent le réinvestissement des bénéfices et l’absence de rentabilité immédiate de leurs projets, arguments que les contrôleurs examinent à la lumière des factures et documents produits.
Par ailleurs, des soupçons plus graves concernent deux sociétés ayant transféré des fonds à l’étranger sous couvert de financement de projets d’investissement. Ces entités auraient déclaré des pertes importantes et présenté des documents douteux afin de justifier des charges fictives, créant artificiellement des déficits avant de déclarer leur faillite. Les enquêtes cherchent à déterminer l’existence de réseaux d’intermédiation spécialisés dans la dissimulation de capitaux à l’étranger.
Ces opérations de contrôle interviennent dans un contexte réglementaire assoupli. Depuis 2022, l’Office des changes a relevé à 200 millions de dirhams par an le plafond autorisé pour les transferts de capitaux destinés au financement de projets à l’étranger, sans obligation de préciser la destination géographique. Cette évolution vise à encourager l’internationalisation des entreprises marocaines, tout en renforçant, en parallèle, les mécanismes de surveillance et de conformité.
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