Le Ghana mise sur un nouveau régulateur pour moderniser son secteur semencier
Le Ghana franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son agriculture avec la création d’un Conseil national des semences (National Seed Council – NSC). Cette nouvelle instance est chargée d’encadrer le développement du secteur semencier, de renforcer la réglementation et d’accompagner les politiques publiques destinées à améliorer la disponibilité de semences de qualité pour les agriculteurs.
Le nouvel organisme aura pour principales missions de conseiller les autorités sur les orientations de la politique semencière, de superviser l’application des normes relatives à la production, à la certification et à la distribution des semences, tout en assurant une meilleure coordination entre les différents acteurs de la filière.
Une gouvernance renforcée pour soutenir la productivité agricole
Selon le ministère ghanéen de l’Alimentation et de l’Agriculture, ce conseil jouera un rôle central dans l’amélioration de l’accès des producteurs à des semences certifiées, considérées comme un levier essentiel pour accroître les rendements agricoles et renforcer la sécurité alimentaire.
Lors de la cérémonie officielle d’installation de cette nouvelle institution, le vice-ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, John Dumelo, a rappelé que la qualité des semences constitue le socle de toute stratégie de développement agricole durable. Il a souligné que les investissements réalisés dans les domaines de l’irrigation, de la mécanisation, des engrais ou encore des services destinés aux agriculteurs ne peuvent produire tous leurs effets sans un système semencier performant.
Accélérer la production de variétés adaptées au changement climatique
Les autorités souhaitent également raccourcir les délais d’homologation et de certification des nouvelles variétés afin de permettre aux entreprises semencières nationales de proposer plus rapidement aux exploitants agricoles des semences améliorées, mieux adaptées aux effets du changement climatique.
Cette orientation vise à favoriser une agriculture plus résiliente face aux aléas climatiques, tout en stimulant la compétitivité des producteurs locaux.
Réduire la dépendance aux importations
La création du Conseil national des semences s’inscrit dans une stratégie plus large engagée par le gouvernement ghanéen pour renforcer l’autonomie du pays en matière de production semencière.
Les autorités avaient déjà annoncé leur ambition de diminuer progressivement les importations de semences à partir de la campagne agricole 2025-2026. Cette politique repose notamment sur le développement des capacités nationales de sélection variétale et de multiplication des semences, avec le soutien de partenaires techniques internationaux.
Un enjeu majeur pour l’Afrique subsaharienne
L’initiative intervient dans un contexte où l’accès aux semences améliorées demeure limité dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne, alors même qu’elles représentent un facteur déterminant pour l’augmentation de la productivité agricole, l’adaptation aux changements climatiques et le renforcement de la sécurité alimentaire.
En dotant le pays d’un organe dédié à la gouvernance du secteur semencier, le Ghana entend créer un environnement plus favorable à l’innovation, à la qualité des productions et à la souveraineté alimentaire, tout en accompagnant la transformation de son agriculture sur le long terme.
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