Loi 59.24 : bras de fer ouvert entre le SNESup et le gouvernement
La contestation franchit un nouveau palier dans le secteur de l’enseignement supérieur. Les enseignants-chercheurs des établissements publics observent une grève nationale les 3 et 4 mars, accompagnée d’un boycott élargi des activités pédagogiques, scientifiques et administratives. Ce mouvement, inscrit dans un programme de mobilisation progressive tout au long du mois, illustre l’ampleur du malaise qui traverse actuellement l’université publique.
Un appel structuré par le SNESup
À l’origine de cette mobilisation figure le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESup), à travers ses instances nationales et régionales. Les bureaux locaux de la région de Rabat-Salé ont officialisé l’appel dans un communiqué publié le 27 février 2026. Placée sous le slogan « Non à la loi 59.24, non à la politique de temporisation et de tergiversation », la grève est présentée comme une étape décisive dans la défense des droits et des revendications du corps enseignant.
En affichant clairement ses mots d’ordre, le syndicat entend donner une dimension nationale à un mécontentement qu’il estime largement partagé au sein des universités publiques.
Le projet de loi 59.24 au cœur des tensions
La mobilisation se cristallise autour du projet de loi n° 59.24 relatif à l’enseignement supérieur. Pour le SNESup, ce texte marque un point de rupture. L’organisation syndicale affirme avoir été écartée du processus d’élaboration, dénonçant une « exclusion systématique » de la représentation des enseignants-chercheurs.
Au-delà du contenu du projet, c’est la méthode adoptée qui suscite la contestation. Les enseignants-chercheurs estiment que leurs propositions n’ont pas été prises en compte, malgré une volonté initiale de dialogue. Ce sentiment de marginalisation a progressivement nourri un climat de défiance, conduisant à une montée en puissance de l’action syndicale.
Un boycott élargi pour renforcer la pression
La grève ne se limite pas à la suspension des cours. Les enseignants-chercheurs sont appelés à boycotter l’ensemble des activités pédagogiques et scientifiques, à ne pas participer aux réunions administratives et à geler certaines structures stratégiques, notamment les filières et les parcours de formation.
Le mouvement concerne toutes les institutions d’enseignement supérieur et de recherche, qu’elles relèvent ou non des universités. Par cette extension du périmètre d’action, le syndicat cherche à peser davantage dans le rapport de force. Il a également exprimé sa disponibilité pour participer à un sit-in devant le Parlement du Maroc, à une date qui sera fixée ultérieurement, confirmant la volonté d’inscrire le conflit dans l’espace public et politique.
Des revendications précises et un calendrier exigé
Outre le rejet du projet de loi, les organisateurs formulent des revendications concrètes. Ils appellent le ministère de tutelle à prendre des engagements clairs, assortis d’échéances définies. Parmi les principales demandes figurent la généralisation des neuf années d’ancienneté fictive et l’exonération de la recherche scientifique de l’impôt.
Pour le syndicat, il ne s’agit plus de simples déclarations d’intention, mais d’un passage à des décisions effectives et encadrées dans le temps. La question centrale reste celle de la reconnaissance matérielle et symbolique du rôle des enseignants-chercheurs dans la réforme du système universitaire.
Des universités sous tension
Cette nouvelle phase de mobilisation pourrait perturber le déroulement normal des cours, des examens et des travaux de recherche dans plusieurs établissements. Elle intervient dans un contexte où la réforme de l’enseignement supérieur fait déjà l’objet d’un débat national soutenu.
Entre impératif de modernisation, exigence d’autonomie universitaire et amélioration des conditions de travail, les lignes de fracture apparaissent de plus en plus nettes. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer l’impact de cette grève et la capacité des différents acteurs à renouer le dialogue.
-
10:15
-
10:00
-
10:00
-
10:00
-
09:45
-
09:41
-
09:30
-
09:27
-
09:18
-
09:18
-
09:15
-
09:00
-
08:54
-
08:49
-
08:44
-
08:43
-
08:43
-
08:30
-
08:29
-
08:15
-
08:14
-
08:02
-
08:00
-
07:59
-
20:15
-
20:00
-
19:45
-
19:34
-
19:20
-
18:00
-
17:45
-
17:30
-
17:15
-
17:00
-
16:45
-
16:30
-
16:15
-
16:00
-
15:45
-
15:30
-
15:15
-
15:00
-
14:52
-
14:45
-
14:30
-
14:15
-
14:00
-
13:45
-
13:30
-
13:15
-
13:00
-
12:45
-
12:30
-
12:15
-
12:00
-
11:45
-
11:30
-
11:15
-
11:00
-
10:45
-
10:30