Maroc : les conseillers parlementaires plaident pour une gouvernance climatique plus intégrée
À l'occasion de l'examen des recommandations d'un rapport consacré à l'évaluation des politiques publiques de lutte contre les effets du changement climatique, les membres de la Chambre des conseillers ont plaidé pour une gouvernance climatique plus cohérente, mieux coordonnée et davantage tournée vers l'anticipation. Au-delà des divergences politiques, les différents groupes parlementaires ont affiché une convergence de vues sur la nécessité d'accélérer les réformes pour faire face aux défis environnementaux qui pèsent sur le Royaume.
Le climat, un enjeu stratégique national
Les interventions des conseillers ont mis en évidence une évolution majeure dans l'approche des politiques climatiques. Le changement climatique n'est plus considéré comme une problématique strictement environnementale, mais comme un défi transversal ayant des répercussions directes sur la sécurité hydrique, alimentaire, énergétique ainsi que sur le développement économique et social.
Les parlementaires ont ainsi insisté sur l'importance de mettre en place une gouvernance intégrée associant les départements ministériels, les établissements publics, les collectivités territoriales, les institutions constitutionnelles ainsi que les acteurs de la société civile. Selon eux, une meilleure coordination entre ces différentes parties prenantes constitue une condition essentielle pour améliorer l'efficacité des politiques publiques.
Consolider le cadre législatif et institutionnel
Plusieurs groupes ont estimé que les progrès accomplis par le Maroc en matière de législation environnementale représentent une base solide, mais qu'ils doivent désormais être accompagnés d'une meilleure articulation entre les différentes stratégies publiques.
Le groupe du Rassemblement national des indépendants a rappelé que le Royaume s'est doté, ces dernières années, d'un ensemble de textes couvrant notamment le développement durable, la gestion des ressources en eau, les énergies renouvelables et l'évaluation environnementale. Pour ses membres, l'enjeu consiste désormais à garantir une mise en œuvre plus efficace de ces dispositifs.
Le groupe Authenticité et Modernité a, de son côté, souligné que l'expérience acquise par le Maroc dans la lutte contre le changement climatique doit désormais se traduire par une plus grande convergence entre les politiques sectorielles afin de répondre aux attentes des citoyens tout en préservant durablement les ressources naturelles.
Une coordination encore perfectible
Plusieurs interventions ont néanmoins mis en lumière les limites actuelles de la gouvernance climatique. Le groupe istiqlalien de l'unité et de l'égalitarisme a notamment regretté le manque de coordination horizontale entre les différents secteurs gouvernementaux, estimant que la multiplication des stratégies et des programmes entraîne une dispersion des moyens et réduit leur efficacité globale.
Le groupe Haraki a appelé à dépasser les réponses ponctuelles aux catastrophes naturelles pour privilégier une démarche fondée sur la prévention, la planification, le suivi scientifique, les systèmes d'alerte et la sensibilisation. La sécurité hydrique a été présentée comme une priorité nationale devant guider l'ensemble des politiques publiques.
Justice climatique et protection des populations vulnérables
Les débats ont également porté sur les conséquences sociales du changement climatique. Plusieurs groupes parlementaires ont rappelé que les populations les plus fragiles demeurent les premières exposées aux effets des événements climatiques extrêmes.
Le Groupe socialiste – Opposition ittihadie, la Confédération démocratique du travail ainsi que l'Union nationale du travail au Maroc ont insisté sur le lien étroit entre justice climatique et justice sociale. Ils ont appelé à renforcer les dispositifs de protection des travailleurs, des petits agriculteurs et des populations rurales, tout en accélérant la création d'emplois verts et le développement des énergies propres.
Le défi climatique, un enjeu économique majeur
Les représentants de la Confédération générale des entreprises du Maroc ont rappelé que le dérèglement climatique constitue également un défi économique de premier plan. Selon eux, ses effets se répercutent sur la croissance, l'attractivité des investissements, les finances publiques ainsi que sur la résilience globale de l'économie nationale.
Dans la même logique, les représentants de l'Union marocaine du travail ont plaidé pour une transition écologique capable de concilier développement économique, création d'emplois décents et amélioration des conditions de santé et de sécurité au travail.
L'ensemble des échanges illustre ainsi un consensus croissant autour de la nécessité d'accélérer la transformation des politiques climatiques du Maroc. Les parlementaires considèrent qu'une gouvernance plus intégrée, une meilleure coordination institutionnelle et une anticipation renforcée constituent désormais des leviers indispensables pour répondre durablement aux défis environnementaux auxquels le Royaume est confronté.
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