Moscou durcit le ton : Nouvelles salves d'amendes contre Google et Telegram
La pression réglementaire ne faiblit pas sur les plateformes numériques étrangères en Russie. Ce mardi, le tribunal Taganski de Moscou a prononcé de nouvelles sanctions financières à l’encontre du géant américain Google et de la messagerie cryptée Telegram. Ces condamnations, motivées par le refus des deux entités de supprimer des contenus jugés illégaux par les autorités russes, marquent une étape supplémentaire dans le bras de fer qui oppose le Kremlin aux mastodontes de la Tech.
Google sous le poids d'une dette colossale
Pour le groupe de Mountain View, la note s'alourdit. Le tribunal a infligé quatre amendes administratives cumulées d'un montant de 15,2 millions de roubles (environ 202 700 dollars). Les griefs formulés par la justice concernent non seulement la persistance de contenus prohibés sur ses plateformes, mais aussi le non-respect des protocoles de localisation des données des utilisateurs sur le territoire national.
Cette nouvelle sanction n'est qu'une goutte d'eau dans le passif financier de l'entreprise en Russie. Depuis la fin de l'année 2021, le cumul des amendes infligées à Google dépasse les 29 milliards de roubles. À ce jour, la dette totale du groupe envers l'État russe franchirait le seuil des 20 milliards de roubles, illustrant une impasse juridique qui semble s'éterniser.
Telegram dans le viseur du régulateur
De son côté, Telegram n'est pas épargné. La plateforme de Dubaï s'est vue notifier une amende de 7 millions de roubles (environ 93 300 dollars). Cette décision fait suite à une précédente condamnation de 10,5 millions de roubles actée fin mars. Sur l'ensemble de l'année écoulée, le montant total des sanctions visant la messagerie avoisine désormais les 80 millions de roubles.
Le régulateur national des communications, Roskomnadzor, pointe une désobéissance persistante de la plateforme malgré les restrictions de plus en plus strictes imposées depuis août 2025. Pour les autorités, il s'agit d'une question de souveraineté numérique et de protection des citoyens.
Une offensive globale contre la Tech étrangère
Cette intensification judiciaire s'inscrit dans une stratégie de contrôle global d'internet entamée il y a plusieurs années. Google et Telegram rejoignent une liste déjà longue d'acteurs sanctionnés, parmi lesquels figurent Apple, TikTok, ou encore les réseaux sociaux de la firme Meta (Facebook, Twitter).
Si Moscou justifie ces mesures par l'impératif de faire respecter la législation nationale, le monde de la défense des droits numériques y voit une tout autre réalité. Pour de nombreuses organisations, ce maillage de sanctions financières et techniques sert avant tout à restreindre la liberté d'expression et à isoler le cyberespace russe des flux d'informations internationaux.
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