Ponts et chaussées au Maroc : l’alerte des députés sur un réseau routier en déclin
Alors que le Parlement reprendra ses travaux le 2 octobre, plusieurs députés n’ont pas attendu la rentrée pour interpeller le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka. Dans un contexte de pré-campagne électorale, une série de questions écrites lui ont été adressées, pointant la dégradation inquiétante des ponts, viaducs et autres infrastructures routières à travers le Royaume.
Selon les élus, plus de 500 ouvrages d’art présentent aujourd’hui des signes préoccupants d’usure. Parmi eux, 244 sont jugés trop étroits pour répondre aux besoins actuels du trafic, et 45 autres ne peuvent supporter qu’une charge réduite. L’augmentation du parc automobile, la surcharge des véhicules et le vieillissement des matériaux accentuent cette fragilité, avec des conséquences directes sur la sécurité des usagers et la fluidité du réseau.
Les chiffres confirment la gravité de la situation : la proportion de routes en bon ou moyen état est passée de 66 % en 2000 à seulement 12,7 % en 2025, soit une baisse vertigineuse de plus de 53 points. Cette dégradation accélérée est alimentée par la hausse du trafic, les effets des intempéries extrêmes, ainsi que le manque d’entretien régulier.
Un déficit budgétaire chronique pèse également sur le secteur. Les besoins en maintenance sont estimés à 3,5 milliards de dirhams par an, soit 1,5 milliard de plus que les crédits actuellement alloués. Pour l’année 2025, le ministère a prévu 140 millions de dirhams pour traiter les « points noirs » et 124 millions pour finaliser les travaux de modernisation de la route nationale n°9 entre Marrakech et Ouarzazate.
Au-delà des aspects techniques, des voix s’élèvent pour pointer des causes structurelles plus profondes. La corruption et l’économie de rente, déjà dénoncées par le gouverneur de Bank Al-Maghrib, freinent les réformes, alourdissent les coûts et minent la confiance dans la gestion publique. Plusieurs parlementaires estiment qu’en l’absence d’une véritable stratégie de gouvernance, les investissements consentis dans les infrastructures risquent de produire des résultats limités, laissant perdurer un réseau routier en difficulté.
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