Publicité numérique : 101 médias français réclament 1,4 milliard d’euros à Meta
Une coalition de 101 médias et éditeurs français réclame 1,4 milliard d’euros à Meta, accusé d’avoir recouru à des pratiques déloyales dans le domaine du ciblage publicitaire. Selon le quotidien Le Figaro, les plaignants dénoncent notamment la collecte et l’exploitation de données personnelles sans consentement valable, estimant que ces pratiques ont faussé la concurrence sur le marché de la publicité numérique.
Une action collective contre les pratiques publicitaires de Meta
Engagée dans le cadre d’une procédure collective devant le tribunal des activités économiques de Paris, cette action a été décidée en avril 2025. Elle rassemble plusieurs acteurs majeurs du paysage médiatique français, parmi lesquels Le Figaro, Les Échos, Le Parisien, L’Équipe, Libération, Ouest-France, TF1 et Radio France.
Au cœur du litige figure le modèle de publicité ciblée utilisé par Meta, maison mère de Facebook et Instagram. Les médias reprochent au groupe américain de s’appuyer sur une collecte massive de données personnelles pour diffuser des annonces personnalisées, sans respecter, selon eux, les exigences européennes en matière de protection des données.
Les plaignants estiment notamment que Meta n’aurait pas obtenu un consentement valable des utilisateurs, contrairement aux obligations prévues par le règlement général sur la protection des données (RGPD), entré en vigueur en 2018.
La concurrence publicitaire au centre du différend
Au-delà de la question de la protection des données, les médias français mettent en avant les conséquences économiques des pratiques qu’ils dénoncent. Selon leurs arguments, l’utilisation de ces méthodes aurait permis à Meta de bénéficier d’un avantage concurrentiel sur le marché de la publicité numérique, au détriment des éditeurs de presse.
Les avocats des plaignants estiment que les médias français auraient capté une part sensiblement plus importante des investissements publicitaires numériques si ces pratiques n’avaient pas existé.
La demande de 1,4 milliard d’euros vise ainsi à obtenir réparation du préjudice économique que les éditeurs attribuent aux pratiques contestées. L’affaire illustre les tensions persistantes entre les grandes plateformes numériques et les entreprises de presse autour du partage des revenus publicitaires et des conditions de concurrence.
Un précédent espagnol qui nourrit la démarche française
Pour construire leur action, les médias français se sont inspirés d’une initiative similaire engagée en Espagne en 2023 par un groupe d’éditeurs et l’Association des médias d’information espagnols.
Dans cette affaire, le tribunal de commerce de Madrid a condamné Meta, en novembre dernier, à verser 479 millions d’euros aux plaignants, auxquels s’ajoutent 60 millions d’euros au titre des intérêts légaux, selon les informations rapportées.
Ce précédent constitue un point de référence pour les éditeurs français, qui cherchent à faire reconnaître les effets des pratiques publicitaires contestées sur leurs activités.
L’issue de la procédure parisienne sera déterminante pour les médias engagés dans cette action, alors que les questions liées à l’utilisation des données personnelles, à la transparence publicitaire et à l’équilibre concurrentiel continuent de peser sur l’économie numérique.
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