Régionalisation avancée : cap sur l’évaluation pour une gouvernance territoriale plus efficace
La régionalisation avancée entre dans une phase cruciale qui requiert une évaluation rigoureuse du système de gouvernance territoriale afin d’en optimiser la mise en œuvre. C’est ce qu’a affirmé le président de la Chambre des Conseillers, Mohamed Ould Errachid, lors d’un colloque tenu jeudi à Marrakech.
Dans une allocution prononcée en son nom, M. Ould Errachid a souligné que cette évaluation est essentielle pour assurer une meilleure convergence entre les compétences décentralisées et celles déconcentrées, notamment dans le cadre du développement territorial. Cette démarche s’inscrit dans le sillage des évolutions introduites par la nouvelle Charte de l’investissement, qui accorde une place centrale aux territoires dans la relance économique.
Le président de la Chambre des Conseillers a insisté sur l’importance de dynamiser les espaces de dialogue institutionnel afin de faire avancer concrètement le chantier de la régionalisation, en ligne avec les orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Parmi les priorités évoquées figurent l’inventaire des textes juridiques encadrant les compétences régionales, la clarification du cadre juridique des collectivités territoriales, et la mise en œuvre d’un système différencié de transfert des prérogatives selon les spécificités régionales.
Il a également appelé à lancer des projets pilotes pour tester l’exercice effectif des compétences partagées, à mettre en place un dispositif plus rigoureux de sélection des investissements publics, et à accélérer le transfert de compétences en matière d’investissement vers les services déconcentrés pour améliorer l’environnement des affaires au niveau local.
Autre axe stratégique évoqué : la révision du cadre du partenariat public-privé afin qu’il soutienne davantage les projets régionaux, le renforcement des Agences régionales d’exécution des projets (AREPs), ainsi que la mise en place de mécanismes d’évaluation comme le prévoit l’article 246 de la loi organique relative aux régions.
Pour sa part, le président du Conseil régional de Marrakech-Safi, Samir Goudar, a rappelé que la convergence des politiques publiques territoriales constitue aujourd’hui un défi majeur. Selon lui, le Maroc traverse une phase de transformation structurelle avec la mise en œuvre du décret sur la décentralisation administrative, redéfinissant le rôle des régions au-delà de leur fonction administrative traditionnelle.
M. Goudar a mis en lumière les fondements juridiques de la régionalisation, axés sur l’autonomie, la solidarité et la subsidiarité. Toutefois, il a alerté sur un obstacle de taille : le financement des programmes de développement régional, sans lequel les ambitions de la régionalisation risquent de rester lettre morte.
Ce colloque, coorganisé par la Chambre des Conseillers et le Conseil régional de Marrakech-Safi, s’inscrit dans les préparatifs du 6ᵉ Forum parlementaire des régions. Il vise à dresser un état des lieux et à tracer les perspectives d’exercice des compétences propres et partagées par les régions, tout en mettant en lumière les défis liés à la cohérence des politiques publiques et à la mobilisation des financements nécessaires.
Les débats ont été structurés autour de deux axes principaux : d’une part, l’attractivité territoriale à l’aune des compétences régionales et des contraintes budgétaires ; d’autre part, la coordination entre décentralisation et déconcentration pour une gouvernance plus harmonieuse et efficiente.
-
21:00
-
20:00
-
19:00
-
18:00
-
17:43
-
17:00
-
16:30
-
16:00
-
15:20
-
14:30
-
14:00
-
13:15
-
12:35
-
12:00
-
11:00
-
10:30
-
10:00
-
09:15
-
08:30
-
08:00