Remaniement en Turquie : Akin Gurlek nommé ministre de la Justice par Erdogan
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a procédé à un remaniement gouvernemental d’ampleur en nommant le procureur général d’Istanbul, Akin Gurlek, au poste de ministre de la Justice. Cette décision, annoncée mercredi par le Journal officiel, intervient dans un climat politique particulièrement sensible en Turquie, sans que les motivations exactes de ce changement ne soient précisées.
Selon la même source, le nouveau ministre succède à Yilmaz Tunc, qui a présenté sa démission en même temps qu’Akin Gurlek quittait ses fonctions de procureur général. Ce mouvement s’inscrit dans une série de nominations qui concernent également le ministère de l’Intérieur. Ali Yerlikaya, titulaire du portefeuille, est remplacé par Mustafa Ciftci, jusque-là gouverneur de la province d’Erzurum, située dans l’est du pays.
Ces ajustements à la tête de deux ministères stratégiques interviennent alors que la scène politique turque traverse une période de fortes tensions. En tant que procureur général d’Istanbul, Akin Gurlek a joué un rôle central dans plusieurs procédures judiciaires très médiatisées visant des figures de l’opposition. En mars 2025, il avait notamment émis un mandat d’arrêt contre Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul et personnalité montante de la vie politique turque.
Cette décision avait suscité une vive controverse, entraînant d’importantes manifestations à travers le pays, considérées comme les plus importantes depuis plus d’une décennie. L’arrestation d’Ekrem Imamoglu était intervenue quelques jours avant sa désignation comme candidat du Parti républicain du peuple (CHP) à l’élection présidentielle prévue en 2028. Pour de nombreux observateurs, il demeure l’un des rares responsables politiques capables de rivaliser électoralement avec le chef de l’État.
Avant de diriger le parquet d’Istanbul, Akin Gurlek avait déjà occupé des fonctions importantes au sein du ministère de la Justice en tant que vice-ministre. Son parcours est cependant marqué par des accusations récurrentes de partialité formulées par l’opposition, qui lui reproche d’avoir ciblé de manière systématique les adversaires politiques du président Erdogan.
Depuis sa nomination au poste de procureur général en octobre 2024, plus d’une quinzaine de maires affiliés au CHP ont été interpellés ou poursuivis, principalement pour des affaires de corruption qu’ils contestent. Des enquêtes ont également été ouvertes contre des centaines de membres du principal parti d’opposition.
Ekrem Imamoglu fait lui-même l’objet de plusieurs procédures judiciaires, dont l’une concerne des propos critiques tenus à l’égard d’Akin Gurlek. Le président du CHP, Ozgur Ozel, est également visé par une enquête pour des accusations de menaces présumées contre l’ancien procureur.
Ce remaniement gouvernemental, intervenant à l’approche d’échéances politiques majeures, est perçu par une partie de la classe politique comme un signal fort de la volonté du pouvoir de consolider son contrôle sur les institutions judiciaires et sécuritaires.
-
08:15
-
08:14
-
08:02
-
08:00
-
07:59
-
20:15
-
20:00
-
19:45
-
19:34
-
19:20
-
18:00
-
17:45
-
17:30
-
17:15
-
17:00
-
16:45
-
16:30
-
16:15
-
16:00
-
15:45
-
15:30
-
15:15
-
15:00
-
14:52
-
14:45
-
14:30
-
14:15
-
14:00
-
13:45
-
13:30
-
13:15
-
13:00
-
12:45
-
12:30
-
12:15
-
12:00
-
11:45
-
11:30
-
11:15
-
11:00
-
10:45
-
10:30
-
10:15
-
09:45
-
09:30
-
09:15
-
09:00