Soupçons d’ingérence américaine autour du dossier judiciaire de Marine Le Pen
Des tensions diplomatiques inédites secouent la scène politique française. Magali Lafourcade, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), a révélé à l’AFP avoir été approchée par deux diplomates américains, dans ce qu’elle décrit comme une tentative de manipulation du débat public français.
Selon la magistrate, Samuel Samson et Christopher Anderson, conseillers du bureau de la démocratie, des droits humains et du travail au département d’État américain, auraient cherché, le 28 mai 2025, des éléments susceptibles d’alimenter une théorie pouvant servir à influencer l’opinion publique française. Rapidement, la conversation a dérivé sur Marine Le Pen.
Condamnée en première instance en mars 2025 et rendue inéligible, la dirigeante du Rassemblement national voit sa candidature présidentielle dépendre du procès en appel des assistants parlementaires du Front national, débuté le 13 janvier. D’après Magali Lafourcade, les représentants américains étaient convaincus que le procès de Mme Le Pen avait une dimension politique destinée à l’écarter de la présidentielle.
« Ils cherchaient des éléments pour accréditer l’idée que Mme Le Pen est victime d’une condamnation politique », a expliqué la responsable de la CNCDH, affirmant avoir perçu l’échange comme « malveillant » et à visée d’ingérence. Elle a immédiatement signalé la conversation au ministère français des Affaires étrangères, qui a promis de prendre l’affaire « très au sérieux ».
Cette révélation intervient dans un contexte déjà tendu. Début janvier, le président du tribunal judiciaire de Paris avait dénoncé une « ingérence inacceptable » après des menaces américaines contre les magistrats ayant traité le dossier, tandis que l’ancien président américain Donald Trump avait publiquement critiqué la condamnation de Marine Le Pen. De plus, Steve Bannon, ancien conseiller de Trump, a exprimé son soutien à la victoire de Mme Le Pen pour affaiblir l’Union européenne et proposé des sanctions contre les juges français.
Les responsables américains, notamment JD Vance et Samuel Samson, dénoncent régulièrement des restrictions à la liberté d’expression en Europe, tout en soutenant certains partis d’extrême droite, illustrant un climat diplomatique et politique particulièrement complexe pour la France.
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