Technovation Smoke-Free : experts et industriels débattent des alternatives au tabac à Rabat
La question de la réduction des risques liés au tabagisme était au cœur des débats lors de la conférence « Technovation Smoke-Free », organisée le 24 juin 2026 à Rabat par Philip Morris International (PMI). Réunissant experts de la santé, chercheurs et représentants de l’industrie, l’événement a mis en lumière les enjeux liés aux alternatives sans combustion, à l’innovation technologique et aux politiques publiques destinées à réduire l’impact du tabagisme sur la santé.
Les échanges ont également porté sur les défis réglementaires, l’accès à l’information scientifique et le rôle que pourraient jouer les innovations dans l’évolution des comportements des consommateurs adultes.
PMI met en avant sa transformation vers les produits sans fumée
Intervenant lors de la conférence, Tommaso Di Giovanni, Vice President Communications and Engagement chez PMI, a présenté l’évolution de la stratégie du groupe au cours des dernières années.
Selon lui, l’entreprise a investi plus de 16 milliards de dollars depuis 2008 dans la recherche, le développement et la commercialisation de produits sans fumée destinés aux fumeurs adultes qui ne parviennent pas à arrêter totalement leur consommation de tabac.
Le responsable a indiqué que ces produits représentent désormais une part significative de l’activité du groupe et qu’ils sont utilisés par plusieurs dizaines de millions de consommateurs à travers le monde.
Pour PMI, le développement de ces alternatives s’inscrit dans une démarche visant à accélérer la réduction de la consommation de cigarettes traditionnelles, tout en rappelant que l’arrêt complet du tabac demeure la meilleure option pour la santé.

La réglementation au centre des discussions
Le professeur David Khayat, oncologue et spécialiste reconnu de la lutte contre le cancer, a consacré une partie de son intervention à la question des politiques publiques.
Selon lui, une réglementation efficace doit reposer sur plusieurs principes fondamentaux : l’accès à une information scientifique claire, l’encouragement de l’innovation et la mise en place d’un cadre favorisant le développement de solutions alternatives.
L’expert a également souligné l’importance des politiques fiscales et des stratégies de sensibilisation pour accompagner les évolutions des comportements.
Prenant l’exemple de pays comme la Nouvelle-Zélande, il a expliqué que les résultats obtenus reposent sur une mobilisation coordonnée des autorités publiques, des professionnels de santé, des organisations de la société civile et des communautés locales.

Réduction des risques : l’approche scientifique au cœur du débat
Les intervenants ont rappelé que le tabagisme demeure l’une des principales causes évitables de maladies graves dans le monde.
Au cours de son intervention, le professeur Khayat a expliqué que les risques sanitaires associés au tabac proviennent principalement des substances toxiques générées par la combustion. Il a souligné que la fumée issue de la cigarette contient plusieurs milliers de composés chimiques, dont un certain nombre sont identifiés comme cancérigènes.
L’oncologue a également rappelé que les connaissances scientifiques actuelles distinguent les effets de la nicotine de ceux liés à la combustion du tabac. Selon les classifications internationales citées lors de la conférence, la nicotine n’est pas considérée comme une substance cancérigène, même si elle reste à l’origine de la dépendance.
Les débats ont ainsi porté sur le rôle potentiel des produits délivrant de la nicotine sans combustion dans les stratégies de réduction des risques destinées aux fumeurs adultes.
L’Afrique appelée à développer ses propres modèles
Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité pour les pays africains de construire leurs propres approches en matière de santé publique et de réglementation.
Les exemples du Maroc, de la Tunisie, du Sénégal ou encore de l’Égypte ont été évoqués pour illustrer l’importance d’adapter les politiques aux réalités économiques, sociales et sanitaires locales.
Selon les participants, l’avenir de l’innovation en santé sur le continent dépendra également de la capacité des pays africains à renforcer leurs capacités de recherche, à développer leurs propres expertises et à participer activement à la conception des solutions de demain.
Une réflexion sur l’avenir de la lutte contre le tabagisme
Au-delà des considérations technologiques et industrielles, la conférence a mis en avant un constat partagé : la lutte contre le tabagisme reste un défi majeur de santé publique à l’échelle mondiale.
Les participants ont souligné que l’objectif prioritaire demeure la réduction du nombre de fumeurs et la prévention de l’entrée dans le tabagisme, en particulier chez les jeunes générations.
Les discussions ont également mis en évidence l’importance du dialogue entre chercheurs, professionnels de santé, décideurs publics et acteurs économiques afin d’évaluer les différentes stratégies susceptibles de contribuer à la réduction des maladies liées au tabac.
À Rabat, cette rencontre a ainsi offert une plateforme d’échange autour d’un sujet qui continue de mobiliser scientifiques, institutions et industriels dans de nombreuses régions du monde.
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