Tuberculose bovine : 27.500 têtes abattues, la surveillance sanitaire renforcée
Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, a révélé que près de 27.500 bovins atteints de tuberculose ont été détectés puis abattus dans le cadre des procédures sanitaires en vigueur.
Selon les précisions apportées dans une réponse écrite adressée à la conseillère parlementaire Loubna Alaoui, membre de l’Union nationale du travail au Maroc à la Chambre des conseillers, les animaux contaminés ont été identifiés grâce à un test de diagnostic spécifique. Une fois les cas confirmés, les bovins ont été abattus conformément à la réglementation, et les éleveurs concernés ont bénéficié d’une indemnisation prévue par la loi.
Un dispositif de contrôle renforcé
Le ministre a assuré que les contrôles sanitaires ont été consolidés, notamment en application de la loi n° 28.07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires et de la loi n° 13.83 portant sur la répression des fraudes.
Dans ce cadre, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) déploie chaque année un plan de surveillance des résidus dans le lait et ses dérivés. Ce programme vise à détecter d’éventuelles traces d’antibiotiques, de substances interdites ou de pesticides susceptibles d’altérer la qualité des produits. Des prélèvements réguliers sont effectués et analysés en laboratoire afin de vérifier la conformité aux normes sanitaires en vigueur.
L’ONSSA participe également aux opérations menées par les commissions mixtes locales, sous la supervision des autorités territoriales, pour contrôler les points de vente à travers les différentes provinces du Royaume. Ces inspections portent notamment sur l’origine des produits, leur qualité et les conditions de commercialisation.
Traçabilité et chaîne du froid
Les autorités recommandent aux consommateurs de privilégier le lait et les produits laitiers issus d’unités agréées, identifiables par un numéro d’autorisation sanitaire figurant sur l’étiquetage. Le respect de la chaîne du froid constitue, par ailleurs, un élément clé pour préserver la qualité et limiter les risques sanitaires.
Une maladie toujours présente
Sur le plan réglementaire, la déclaration des cas de tuberculose bovine demeure obligatoire en vertu des textes en vigueur, notamment le dahir n° 1.75.292 du 19 septembre 1977 et l’arrêté ministériel n° 837.13 du 8 mars 2013. Les éleveurs sont tenus de se conformer aux mesures de police sanitaire vétérinaire, sous peine de poursuites en cas de dissimulation.
La tuberculose bovine reste présente dans plusieurs pays, ce qui rend son éradication complexe. L’ONSSA poursuit ainsi un programme progressif visant à réduire le taux d’infection dans les exploitations touchées, avec un objectif d’éradication à long terme.
Cette stratégie repose sur des conventions de partenariat avec les éleveurs afin d’intensifier le dépistage systématique, de renforcer les règles de biosécurité dans les exploitations et d’encadrer l’abattage des animaux infectés. L’indemnisation constitue un levier essentiel pour garantir l’adhésion des professionnels et préserver l’équilibre de la filière.
À travers ces mesures, les autorités entendent concilier impératifs sanitaires, protection du cheptel national et maintien de la confiance des consommateurs dans la filière laitière.
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