-
18:30
-
18:00
-
17:30
-
17:00
-
16:35
-
16:00
-
15:04
-
15:00
-
14:30
-
14:00
-
13:00
-
12:30
-
12:00
-
11:00
-
10:43
-
10:32
-
10:23
-
10:00
-
09:57
-
09:30
-
09:15
-
09:00
-
08:14
-
08:00
-
07:37
-
07:33
-
07:22
-
07:19
Suivez-nous sur Facebook
Tanger déploie 22 000 panneaux solaires flottants
Face à une sécheresse historique, le Maroc a lancé un projet innovant combinant production d’énergie solaire et préservation des ressources en eau. Près de Tanger, plusieurs milliers de panneaux photovoltaïques flottants recouvrent partiellement un vaste réservoir, protégeant la surface de l’eau de l’intensité du soleil tout en générant de l’électricité pour le port Tanger Med. Les autorités espèrent que cette expérimentation pourra être étendue à d’autres régions du royaume si les résultats s’avèrent concluants.
Les pertes d’eau dues à l’évaporation sont particulièrement préoccupantes : entre octobre 2022 et septembre 2023, les réserves ont diminué de l’équivalent de plus de six cents piscines olympiques chaque jour, amplifiées par une hausse des températures de 1,8 °C au-dessus de la normale. Le réservoir de Tanger perd ainsi environ 3 000 mètres cubes par jour, un volume qui double en période estivale. Les installations flottantes permettent de réduire cette évaporation d’environ 30 %, offrant un gain non négligeable dans un contexte de ressources de plus en plus limitées.
Le gouvernement marocain prévoit de porter le nombre de plateformes flottantes à 22 000, couvrant dix hectares des 123 hectares que compte le réservoir. Une fois le projet achevé, la production électrique atteindra 13 mégawatts, soit la consommation énergétique du port Tanger Med. Des plantations d’arbres sur les berges sont également envisagées pour limiter l’impact desséchant des vents.
Des projets similaires sont à l’étude à Oued El Makhazine, sur l’un des plus grands barrages du Nord, et à Lalla Takerkoust, près de Marrakech. Selon le professeur de climatologie Mohammed-Said Karrouk, cette expérience est « pionnière », mais la surface des réservoirs reste trop vaste et irrégulière pour être totalement recouverte de panneaux, qui pourraient être endommagés par les variations du niveau de l’eau.
La situation hydrique du Maroc est préoccupante : les apports en eau liés aux précipitations ont chuté de près de 75 % en dix ans par rapport aux années 1980, passant d’une moyenne annuelle de 18 milliards de mètres cubes à seulement 5 milliards. Pour compenser, le pays mise sur le dessalement, avec une production actuelle de 320 millions de mètres cubes d’eau potable par an et un objectif de 1,7 milliard d’ici 2030.
Selon M. Karrouk, la priorité immédiate devrait être le transfert des excédents d’eau des barrages du Nord vers les régions centrales et méridionales, plus sévèrement touchées par la sécheresse. Le royaume dispose déjà d’une infrastructure appelée « autoroute de l’eau », un canal de 67 kilomètres reliant le bassin du Sebou à Rabat, avec des extensions prévues vers d’autres retenues.