Ahmad al-Chareh à Moscou : la Syrie cherche à redéfinir ses relations avec la Russie
Le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, a été reçu mercredi à Moscou par Vladimir Poutine, lors d’une rencontre placée sous le signe du renouveau diplomatique. Il s’agit de la première visite officielle du dirigeant syrien en Russie depuis la chute de Bachar al-Assad, ancien allié stratégique du Kremlin.
Accueilli avec les honneurs au Kremlin, Ahmad al-Chareh a affirmé sa volonté de « redéfinir » les relations entre Damas et Moscou, tout en saluant « les liens historiques et les intérêts communs » qui unissent les deux pays. Le président syrien a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération bilatérale dans les secteurs essentiels à la reconstruction nationale, notamment l’énergie, l’alimentation et les infrastructures.
De son côté, Vladimir Poutine a souligné la profondeur des liens entre la Russie et la Syrie, rappelant que « plus de 4 000 jeunes Syriens étudient actuellement en Russie ». Le chef du Kremlin a exprimé son espoir de voir ces étudiants contribuer, à leur retour, au développement d’un État syrien stable et souverain. « Nous sommes très heureux de vous voir en Russie. Bienvenue », a-t-il déclaré, réaffirmant son soutien à la population syrienne.
Les discussions, qui ont duré près de deux heures et demie, ont porté sur de multiples domaines de coopération : aide humanitaire, énergie, transport, tourisme, santé et culture. Le vice-ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak, a déclaré que Moscou était prête à participer à la relance du secteur pétrolier syrien, soulignant l’existence de gisements nécessitant de nouveaux investissements.
L’un des sujets les plus sensibles demeure le sort de Bachar al-Assad, réfugié en Russie depuis décembre 2024. Les autorités syriennes souhaitent son extradition, ainsi que celle de plusieurs anciens responsables accusés de crimes graves. Cependant, ni Moscou ni Damas n’ont abordé publiquement cette question à l’issue de la rencontre.
Pour la Russie, la visite d’Ahmad al-Chareh représente un moment charnière. Longtemps soutien du régime précédent, Moscou doit désormais composer avec une nouvelle direction syrienne qui cherche à consolider son indépendance tout en maintenant une coopération stratégique.
Les bases militaires russes de Tartous et de Hmeimim, installées sur la côte méditerranéenne, constituent un autre enjeu majeur. Ces installations, utilisées intensément par la Russie durant la guerre civile syrienne, font aujourd’hui l’objet de discussions sur leur statut et leur avenir.
En quête de stabilité et de légitimité internationale, la Syrie d’Ahmad al-Chareh tente ainsi de tourner la page d’un long conflit et d’instaurer des relations équilibrées avec ses partenaires historiques. Cette visite à Moscou marque une étape clé dans cette transition, symbolisant la volonté de Damas de renouer le dialogue tout en affirmant sa souveraineté retrouvée.
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