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Blocage des marchandises égyptiennes : montée des tensions commerciales avec le Maroc
Le journal égyptien Echorouk a révélé que le Maroc aurait interdit, de manière non officielle, l’entrée des marchandises égyptiennes sur son marché depuis plusieurs semaines. Cette mesure serait une réaction aux restrictions imposées par l'Égypte sur les exportations marocaines, en particulier dans le secteur automobile. En cause, le non-respect présumé de l’accord d’Agadir par Le Caire, qui régit le libre-échange entre les deux pays.
Selon Echorouk, citant des sources professionnelles égyptiennes, cette décision du Maroc répondrait aux obstacles instaurés par l'Égypte à l'importation des véhicules fabriqués au Maroc. Les autorités égyptiennes justifient ces restrictions par leur volonté de gérer les flux de devises étrangères et de préserver les ressources pour les produits de première nécessité, les médicaments et les matières premières.
L'accord d'Agadir, signé en 2004 et entré en vigueur en 2007, vise à renforcer la coopération économique et commerciale entre le Maroc, l'Égypte, la Tunisie et la Jordanie. Cependant, l'équilibre commercial entre le Maroc et l'Égypte demeure très déséquilibré en faveur du Caire. En 2023, les importations marocaines en provenance d'Égypte ont dépassé 827 millions de dollars, tandis que les exportations marocaines vers l'Égypte se limitaient à 52 millions de dollars.
L’économiste Yassine Aaliya a déclaré que ce déséquilibre est surprenant, compte tenu du fait que l'Égypte représente un marché de 110 millions de consommateurs contre 36 millions pour le Maroc. Il souligne que, malgré les avantages de l'accord de libre-échange, les exportations marocaines vers l'Égypte restent limitées par des barrières non tarifaires et des obstacles administratifs.
Ce n'est pas la première fois que des tensions commerciales émergent entre les deux pays. L'ancien ministre marocain de l'Industrie, Moulay Hafid Elalamy, avait déjà pointé du doigt les restrictions imposées aux produits marocains sur le marché égyptien. Il avait notamment critiqué les entraves à l’entrée des véhicules marocains, estimant que ces mesures représentaient une perte économique significative pour le Maroc.
En réaction à ces pratiques jugées déloyales, le Maroc a dû à plusieurs reprises instaurer des droits antidumping sur divers produits égyptiens pour protéger son industrie locale. Ainsi, en décembre dernier, le ministère marocain de l'Industrie et du Commerce a appliqué un droit antidumping de 29,93 % sur les importations de conserves de tomates en provenance d'Égypte pour une durée de cinq ans. Une mesure similaire avait été prise auparavant sur les tapis et couvertures textiles égyptiens, avec un droit antidumping de 35,33 %.
Ces tensions mettent en lumière la nécessité d’un rééquilibrage des échanges commerciaux entre le Maroc et l'Égypte. Les deux pays devront trouver des solutions pour garantir une application équitable de l'accord d'Agadir et préserver leurs relations économiques sur le long terme.
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