Chômage des diplômés : El Midaoui appelle à une responsabilité partagée
Intervenant lors de la séance des questions orales tenue ce lundi à la Chambre des représentants, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, a apporté des précisions sur la problématique persistante du chômage des diplômés. Pour le ministre, il est réducteur d’attribuer cette situation uniquement à l’université, soulignant que l’emploi reste étroitement lié à la dynamique de croissance et aux besoins réels de l’économie nationale.
Répondant à une question parlementaire relative à l’insertion professionnelle des lauréats, Azzedine El Midaoui a rappelé que même une formation universitaire de qualité ne peut produire pleinement ses effets en l’absence d’un tissu économique capable de créer suffisamment d’opportunités d’emploi. Selon lui, faire porter à l’université la responsabilité exclusive du chômage des diplômés revient à ignorer les contraintes économiques, qu’elles soient conjoncturelles ou structurelles.
Sans nier l’importance du lien entre formation et marché du travail, le ministre a reconnu que l’économie nationale n’est pas toujours en mesure d’absorber l’ensemble des compétences formées. Il a ainsi plaidé pour une approche globale, combinant l’amélioration continue de l’offre de formation universitaire et le renforcement de la capacité de l’économie à générer de la valeur ajoutée et de l’emploi durable.
Dans cette perspective, plusieurs mesures ont été engagées par le ministère afin de rapprocher davantage l’université du monde professionnel. Parmi elles figurent le renforcement des compétences linguistiques des étudiants, la création de nouveaux parcours de formation à fort potentiel en partenariat avec les acteurs économiques, le développement de l’alternance, ainsi que la mise en place d’un système national de formation de l’étudiant. Le ministre a également évoqué la création d’espaces universitaires dédiés à l’employabilité et à l’accompagnement, parallèlement à une restructuration des établissements pour garantir la qualité de l’enseignement supérieur.
Sur le plan territorial, Azzedine El Midaoui a annoncé une révision de la carte universitaire, avec la création de plus de 50 nouveaux établissements à travers différentes régions du Royaume, dépassant ainsi l’objectif initial de 33. Il a estimé que le maintien d’un étudiant dans un même territoire, du primaire à l’université, peut avoir un impact négatif sur sa construction personnelle et réduire ses chances d’intégration professionnelle. La politique adoptée vise donc à encourager la mobilité interrégionale, afin de favoriser un brassage cognitif, social et culturel plus large.
La question linguistique a également occupé une place centrale dans l’intervention du ministre. Il a rappelé que la maîtrise des langues constitue un choix stratégique pour l’enseignement supérieur, précisant que l’anglais s’impose aujourd’hui comme la langue incontournable de la science et de la recherche. L’apprentissage des langues étrangères est, selon lui, intégré progressivement tout au long du parcours scolaire, du primaire jusqu’au baccalauréat, en complément de l’enseignement du français dès les premières années.
Face aux difficultés linguistiques rencontrées par certains étudiants à l’université, Azzedine El Midaoui a souligné qu’il n’est ni logique ni équitable d’exiger de l’université qu’elle corrige, en un laps de temps réduit, des lacunes accumulées sur l’ensemble du parcours scolaire. Il s’est interrogé sur la capacité d’un étudiant ayant étudié l’arabe et le français pendant plus de douze ans à parvenir à un niveau suffisant sans un accompagnement en amont.
En conclusion, le ministre a rappelé que la réforme du système éducatif et de l’insertion professionnelle constitue un chantier collectif. L’université, a-t-il insisté, ne peut agir seule. Il a appelé à une implication accrue des collectivités territoriales, des conseils élus et des acteurs économiques dans le financement, l’accueil et l’accompagnement des étudiants, afin de favoriser leur insertion professionnelle et de soutenir le développement équilibré des régions.
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