Trafic de diplômes : lourdes condamnations dans l’affaire Ahmed Kailech
La justice marocaine a rendu un verdict marquant dans une affaire de corruption universitaire qui a suscité une large attention de l’opinion publique. La chambre des crimes financiers près la Cour d’appel de Marrakech a condamné le professeur universitaire Ahmed Kailech à quatre ans de prison ferme, assortis d’une amende de 237.000 dirhams, pour son implication dans un réseau présumé de trafic de diplômes.
Un réseau impliquant plusieurs accusés
Le dossier, souvent qualifié d’affaire de « vente de masters », ne concerne pas un seul individu. Plusieurs personnes ont été reconnues coupables à différents degrés :
- un second prévenu a été condamné à quatre ans de prison ferme avec
- une amende similaire ; une troisième accusée a écopé de deux ans de prison ferme et d’une amende de 187.000 dirhams ;
- un autre prévenu a été condamné à un an de prison ferme et 40.000 dirhams d’amende ;
- un cinquième accusé a été condamné à huit mois de prison ferme et 10.000 dirhams ;
- un suspect a, en revanche, été acquitté faute de preuves suffisantes.
Ces condamnations illustrent l’ampleur du réseau présumé et la diversité des responsabilités engagées.
Des accusations graves touchant à l’intégrité académique
Selon les éléments de l’enquête, les faits reprochés portent notamment sur :
- l’acceptation de pots-de-vin ;
- le trafic d’influence ;
- la falsification de diplômes universitaires ;
- la manipulation des procédures d’inscription en master.
Les investigations ont révélé que certains diplômes auraient été attribués en échange d’avantages financiers ou grâce à des interventions visant à contourner les règles académiques.
Le professeur Ahmed Kailech occupait notamment un rôle de coordination au sein du master « système pénal et gouvernance sécuritaire » à l’Université Ibn Zohr, basée à Agadir.
Une affaire déclenchée en 2023
L’affaire remonte à 2023, après la diffusion d’enregistrements audio qui auraient mis en lumière des pratiques suspectes liées à la délivrance de diplômes et à d’autres formes d’intervention illégale.
Un tournant décisif est intervenu en mai 2025, lorsque le professeur a été arrêté sur instruction d’un juge d’instruction à Marrakech. Il a été placé en détention à la prison de l’Oudaya, tandis que certains coaccusés ont été poursuivis en liberté, sous contrôle judiciaire et avec interdiction de quitter le territoire.
Par ailleurs, le principal accusé avait déjà été impliqué dans d’autres affaires judiciaires, notamment pour diffamation et atteinte à la vie privée, ayant donné lieu à des procédures distinctes.
Vers un prolongement judiciaire ?
Selon plusieurs sources concordantes, ce dossier pourrait connaître de nouveaux développements devant la Cour de cassation, certains condamnés ayant décidé de contester les jugements rendus.
Au-delà des sanctions individuelles, cette affaire relance le débat sur la gouvernance du système universitaire au Maroc. Elle met en lumière la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle, de transparence et d’éthique afin de préserver la crédibilité des diplômes et garantir l’égalité des chances entre les étudiants.
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