Cosumar : le chiffre d’affaires se redresse au deuxième trimestre 2026
Après un début d’année difficile, Cosumar amorce un redressement au deuxième trimestre 2026. Le groupe sucrier marocain a enregistré un chiffre d’affaires trimestriel de 2,619 milliards de dirhams, en baisse de 2,8% sur un an. Une évolution qui marque néanmoins une nette amélioration par rapport au premier trimestre, au cours duquel les revenus avaient reculé de 17,3%.
Cette inflexion s’explique principalement par le rétablissement progressif des volumes commercialisés. Les perturbations ayant affecté les chaînes logistiques et les opérations portuaires au début de l’exercice avaient créé un décalage dans les ventes. Au deuxième trimestre, Cosumar est parvenu à en résorber une partie, en mobilisant ses moyens industriels et logistiques pour accompagner la reprise de l’activité.
Le redressement des volumes n’a cependant pas permis de compenser entièrement un autre facteur défavorable : l’évolution des cours internationaux du sucre. Les prix du sucre blanc comme ceux du sucre brut se sont orientés à la baisse au cours du trimestre, pesant directement sur les revenus du groupe. Les activités destinées aux marchés extérieurs ont également été affectées par cette tendance.
Sur l’ensemble du premier semestre, le chiffre d’affaires consolidé s’établit ainsi à 4,825 milliards de dirhams, contre 5,362 milliards à la même période de 2025. Le recul atteint 10%, même si l’amélioration observée entre avril et juin permet de réduire sensiblement l’écart enregistré en début d’année.
La campagne agricole constitue un autre point de vigilance. La production de sucre blanc issue de la campagne 2026 s’est établie à environ 240.000 tonnes, contre 280.000 tonnes lors de la précédente campagne. Les inondations qui ont touché les régions du Gharb et du Loukkos ont notamment affecté la production.
Le bilan agricole présente toutefois un élément plus favorable du côté de la canne à sucre. Les rendements ont progressé d’environ 15%, bénéficiant d’une amélioration de la disponibilité de la ressource hydrique. Cette évolution ouvre des perspectives plus favorables pour les prochaines campagnes, dans un contexte où l’accès à l’eau reste déterminant pour la filière sucrière.
Cosumar prévoit ainsi d’étendre les superficies consacrées aux cultures sucrières à plus de 60.000 hectares dès la campagne 2026-2027. Le groupe entend notamment tirer parti de l’amélioration du niveau de remplissage des barrages pour soutenir cette progression.
Cette ambition agricole intervient toutefois alors que la structure financière du groupe s’est tendue. À fin juin 2026, la dette nette consolidée atteignait 2,333 milliards de dirhams, contre 1,608 milliard un an auparavant. Elle affiche ainsi une progression de 45,1% en l’espace d’un an.
Cosumar attribue principalement cette hausse à l’augmentation des besoins de financement liés à la campagne agricole. L’extension des superficies semées en betterave et plantées en canne a mécaniquement accru les besoins de trésorerie nécessaires au financement de l’activité agricole.
Dans le même temps, les dépenses d’investissement ont été contenues. Elles se sont établies à 78 millions de dirhams au premier semestre, contre 92 millions un an auparavant. Les montants engagés ont principalement été consacrés à la modernisation, à la mise à niveau et à la maintenance des installations industrielles.
Pour la seconde partie de l’année, le groupe mise sur une amélioration durable de son environnement opérationnel. La normalisation attendue du trafic portuaire devrait contribuer à fluidifier davantage les opérations et à soutenir la dynamique commerciale.
Cosumar dispose par ailleurs d’une capacité de raffinage dépassant 7.000 tonnes par jour, un atout qui lui permet de maintenir une importante capacité industrielle sur le marché du sucre.
Le groupe prépare également une nouvelle étape de diversification avec son projet de production de gaz carbonique liquide. Les premières livraisons sont programmées pour le premier trimestre 2027. Ce projet devrait ainsi compléter les activités du groupe tout en ouvrant une nouvelle source de valorisation industrielle.
Au terme du premier semestre, Cosumar se trouve donc dans une phase de transition : le choc logistique du début d’année semble progressivement se résorber, tandis que les conditions agricoles s’améliorent sur certains segments. La baisse des cours internationaux du sucre et l’augmentation des besoins de financement restent néanmoins des facteurs à surveiller. La capacité du groupe à restaurer ses volumes, à maîtriser son endettement et à tirer parti de l’amélioration hydrique constituera un enjeu majeur pour la suite de l’exercice.
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