Guerre au Moyen-Orient : L’Iran se dit prêt à un conflit prolongé, les marchés pétroliers sous tension
Douze jours après le déclenchement des frappes américano-israéliennes contre des positions iraniennes, la perspective d’un conflit durable s’impose peu à peu comme un scénario plausible. À Téhéran, les autorités affirment désormais se préparer à une confrontation de longue haleine, tandis que Washington laisse entendre que l’opération militaire pourrait se poursuivre jusqu’à l’atteinte de ses objectifs.
Au-delà du champ militaire, l’escalade inquiète particulièrement les marchés énergétiques mondiaux. Le trafic maritime est fortement perturbé dans le détroit d’Ormuz, artère stratégique par laquelle transite habituellement près d’un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Cette situation alimente une nouvelle poussée des prix du brut et ravive les craintes d’un choc énergétique à l’échelle planétaire.
Washington tente de contenir la flambée des prix
Face à l’augmentation rapide du prix du baril, le président américain Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis puiseraient dans leurs réserves stratégiques de pétrole afin d’atténuer la pression sur les marchés. Selon lui, cette mesure doit contribuer à stabiliser les prix et éviter une nouvelle flambée pour les consommateurs et les entreprises.
Dans le même temps, les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie ont décidé de coordonner un déblocage exceptionnel de 400 millions de barils issus de leurs stocks d’urgence. Une initiative destinée à envoyer un signal rassurant aux marchés internationaux et à limiter les répercussions économiques du conflit.
Malgré cette décision, les cours restent orientés à la hausse. En fin de journée mercredi, le baril de Brent, référence mondiale, évoluait autour de 92 dollars, illustrant l’inquiétude persistante des investisseurs face à l’instabilité dans la région.
Des signaux contradictoires de la Maison-Blanche
La stratégie américaine demeure toutefois difficile à lire. Au fil de la journée, Donald Trump a multiplié les déclarations parfois contradictoires. Le président a d’abord estimé que la guerre pourrait se terminer rapidement, affirmant que les forces américaines avaient déjà atteint la plupart de leurs objectifs militaires.
Mais lors d’un meeting dans l’État du Kentucky, il a laissé entendre que l’opération pourrait se prolonger afin de « finir le travail », sans détailler les cibles encore visées.
Selon des estimations relayées par la presse américaine, la première semaine de conflit aurait déjà coûté plus de 11 milliards de dollars aux Etats-Unis, un montant qui illustre l’ampleur de l’engagement militaire.
L’Iran évoque une stratégie d’usure
De son côté, l’appareil militaire iranien affiche une posture de résistance. Les Gardiens de la Révolution affirment être prêts à mener une campagne prolongée visant à affaiblir la présence américaine dans la région.
Certains responsables évoquent ouvertement une « guerre d’usure » susceptible de frapper les intérêts occidentaux et d’exercer une pression durable sur l’économie mondiale.
Dans les États du Golfe, les frappes de représailles iraniennes alimentent une tension quotidienne. Plusieurs entreprises internationales ont choisi de réduire leur présence dans la région. À Dubaï, notamment, des groupes financiers et cabinets de conseil ont temporairement fermé leurs bureaux après des menaces sécuritaires.
Deux drones sont tombés à proximité de l’aéroport de la ville, blessant plusieurs personnes et renforçant l’inquiétude des autorités locales.
Le détroit d’Ormuz au cœur des inquiétudes
La situation est particulièrement sensible dans le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique reliant le Golfe Persique au reste du monde. Téhéran affirme avoir ciblé des navires dans cette zone, tandis que Washington assure avoir neutralisé plusieurs bâtiments soupçonnés de pouvoir poser des mines.
La crainte d’un minage du détroit reste l’un des scénarios les plus redoutés par la communauté internationale. Une telle situation pourrait paralyser le commerce énergétique mondial et provoquer une crise majeure.
Par ailleurs, des infrastructures pétrolières ont été touchées dans plusieurs pays de la région, notamment en Arabie saoudite et à Oman, illustrant l’extension potentielle du conflit au-delà du territoire iranien.
Ports et infrastructures dans la ligne de mire
Dans ce contexte, les ports pourraient devenir de nouvelles cibles stratégiques. L’armée américaine a appelé les civils iraniens à s’éloigner des installations portuaires proches du détroit d’Ormuz si celles-ci étaient utilisées à des fins militaires.
Téhéran a immédiatement répondu que toute attaque contre ses infrastructures pourrait entraîner des représailles visant l’ensemble des installations portuaires de la région.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a de son côté appelé à une cessation immédiate des attaques iraniennes, soulignant les risques d’une escalade incontrôlable.
Extension du conflit au Liban
Parallèlement, Israël poursuit ses opérations contre le Hezbollah au Liban, allié régional de l’Iran. Des frappes aériennes ont visé le sud de Beyrouth, tandis que les autorités libanaises font état de centaines de morts et de centaines de milliers de déplacés depuis le début des hostilités.
Les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir coordonné une série de frappes de missiles et de drones avec le Hezbollah contre des positions israéliennes.
Une population sous pression à Téhéran
Malgré les bombardements réguliers, la vie quotidienne se poursuit difficilement à Téhéran. Les habitants s’organisent face à l’incertitude, tandis que les autorités tentent de maintenir le contrôle de la situation intérieure.
Dans la capitale, des rassemblements ont été organisés pour rendre hommage à plusieurs responsables tués dans les frappes. Les forces de sécurité restent fortement mobilisées afin de prévenir toute contestation.
La situation politique demeure par ailleurs marquée par l’absence publique du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, désigné récemment pour succéder à son père.
Dans un contexte de tensions militaires et économiques croissantes, la communauté internationale redoute désormais qu’une confrontation prolongée ne déstabilise durablement la région et les marchés mondiaux.
-
12:30
-
12:00
-
11:33
-
11:29
-
11:06
-
11:06
-
11:00
-
10:47
-
10:31
-
10:30
-
10:03
-
09:29
-
09:29
-
09:12
-
08:43
-
08:30
-
08:01
-
07:30
-
07:04
-
22:00
-
21:05
-
20:00
-
19:30
-
19:02
-
18:30
-
18:01
-
17:55
-
17:30
-
17:04
-
16:30
-
16:00
-
15:33
-
15:00
-
14:30
-
14:15
-
14:02
-
13:45
-
13:30
-
13:03
-
13:01