Hydrocarbures au Maroc : vers la fin du système de tarification bimensuel unifié
Le paysage de la distribution des carburants au Maroc s'apprête à connaître une mue structurelle. Le Conseil de la concurrence a officiellement accordé un délai de grâce aux opérateurs pétroliers pour réformer en profondeur leurs mécanismes de révision tarifaire. L’objectif affiché par l’institution est de rompre avec l’héritage de l’ancien système de subventions, caractérisé par une indexation rigide tous les quinze jours, pour instaurer une dynamique de marché plus libre et réactive.
Un héritage de la compensation devenu obsolète
Historiquement, les sociétés d'hydrocarbures au Maroc ajustaient leurs prix à la pompe de manière synchronisée le 1er et le 16 de chaque mois. Ce mécanisme, vestige de l'époque précédant la libéralisation de 2014, est aujourd’hui dans le viseur du régulateur. Ahmed Rahhou, président du Conseil, souligne que cette uniformisation temporelle ressemble de près à une pratique concertée, nuisant à l’essence même de la libre concurrence.
« Le Conseil a détecté l'adoption d'un horaire unifié pour déclarer les hausses tous les 15 jours », explique-t-il. Pour l'institution, le défi est de faire évoluer ce cadre vers un système où chaque acteur pourra ajuster ses tarifs en toute autonomie, reflétant ainsi la réalité d'un marché mondial dont les cours fluctuent désormais au quotidien.
La prudence face à l'instabilité internationale
Si la volonté de réforme est ferme, le calendrier reste empreint de pragmatisme. Face à la persistance des tensions sur le marché mondial des produits raffinés, le Conseil de la concurrence juge qu'une rupture brutale avec le système actuel pourrait déstabiliser l'approvisionnement national. La priorité absolue demeure la sécurité énergétique et l'abondance des stocks sur le territoire.
Des concertations approfondies entre le régulateur et les pétroliers sont prévues durant l'été 2026. Ce laps de temps doit permettre aux opérateurs d'intégrer une plus grande flexibilité décisionnelle sans compromettre l'équilibre du marché. M. Rahhou insiste : la fixation des prix relève de la compétence exclusive des sociétés, l’intervention du Conseil se limitant à vérifier que les tarifs pratiqués à l’échelle nationale suivent de manière effective et justifiée les tendances internationales.
Une surveillance accrue contre les hausses injustifiées
Le rôle du gendarme de la concurrence se concentre désormais sur le suivi minutieux des marges et des comportements. L'institution souhaite s'assurer qu'aucune entente, explicite ou tacite, ne vienne biaiser la répercussion des baisses de cours mondiaux au profit du consommateur marocain.
En accordant ce délai, le Conseil privilégie une transition ordonnée vers une libéralisation totale de la temporalité tarifaire, tout en maintenant un contrôle global pour éviter que les hausses ou les baisses ne s'opèrent au même rythme et au même volume chez tous les distributeurs, un signe qui, jusqu'ici, trahissait un manque de différenciation compétitive.
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