Iran-États-Unis : Téhéran promet une riposte après des frappes meurtrières
La confrontation entre l’Iran et les États-Unis connaît une nouvelle montée de tension. Après des frappes américaines ayant fait au moins 19 morts en Iran, dont des militaires et des civils, Téhéran annonce une riposte de grande ampleur contre plusieurs alliés de Washington au Moyen-Orient. Une escalade qui fait également grimper les cours du pétrole.
Une nuit de frappes qui ravive les tensions
La trêve relative observée pendant plusieurs semaines au Moyen-Orient a de nouveau volé en éclats. Des frappes américaines menées contre des installations iraniennes ont fait au moins 19 morts, selon les autorités iraniennes citées par les médias d’État.
Le bilan comprend des membres des forces armées, mais aussi des civils. L’une des attaques les plus controversées a touché une cérémonie de mariage dans le district de Sirik, dans le sud-est du pays. Quatre personnes y auraient été tuées et près de 70 autres blessées.
Dans le Khouzestan, à l’ouest de l’Iran, sept autres décès ont été rapportés. Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs fait état de quatre morts dans leurs rangs, tandis que quatre membres du Bassidj auraient également péri.
Les autorités iraniennes ont dénoncé une attaque contre des civils. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a notamment qualifié le bombardement du mariage de « crime de guerre ».
Washington revendique des frappes contre des cibles militaires
De son côté, le Commandement américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a confirmé avoir frappé plusieurs positions liées au Corps des Gardiens de la Révolution islamique.
Selon Washington, les opérations visaient notamment des infrastructures de défense antiaérienne, des systèmes radar et des installations maritimes. L’armée américaine assure ne pas prendre les civils pour cible et accuse à son tour les forces iraniennes de mener des attaques contre des objectifs non militaires.
Donald Trump a, pour sa part, adopté un ton particulièrement ferme. Le président américain a affirmé que les frappes avaient détruit davantage qu’un simple système radar et a laissé entendre que les États-Unis étaient prêts à renouveler leurs opérations.
Ces déclarations témoignent de la faiblesse persistante des perspectives de désescalade entre Washington et Téhéran.
Téhéran promet une « nouvelle stratégie »
La réponse iranienne ne s’est pas fait attendre. Les forces armées de Téhéran ont annoncé des frappes contre plusieurs pays considérés comme des alliés ou partenaires des États-Unis dans la région.
La Jordanie, le Koweït, Bahreïn, l’Irak et les Émirats arabes unis figurent parmi les pays cités dans les revendications iraniennes.
Téhéran a également prévenu Washington qu’une « nouvelle stratégie » allait être mise en œuvre. L’objectif affiché par les autorités iraniennes est de « briser les fondements » de l’adversaire, sans toutefois préciser quelles pourraient être les prochaines étapes militaires.
Cette rhétorique laisse planer le risque d’une extension du conflit à davantage de territoires et d’infrastructures stratégiques au Moyen-Orient.
Le souvenir des précédentes attaques
À Téhéran, les responsables politiques ont également rappelé les précédentes frappes ayant fait de nombreuses victimes civiles depuis le début de la guerre.
Le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a notamment évoqué le bombardement d’une école à Minab, qui aurait fait 155 morts, dont 120 enfants, selon les autorités iraniennes.
Ces références alimentent la colère des responsables iraniens et renforcent la pression politique en faveur d’une réponse militaire.
Le pétrole sous pression
L’escalade ne se limite pas au terrain militaire. Les marchés énergétiques réagissent eux aussi à la dégradation de la situation.
Les cours des hydrocarbures ont progressé après les nouvelles frappes, le baril de Brent repassant au-dessus de la barre symbolique des 90 dollars.
Cette réaction illustre l’un des principaux risques d’une extension du conflit : toute perturbation durable des infrastructures énergétiques ou des routes maritimes stratégiques de la région pourrait exercer une pression supplémentaire sur les prix mondiaux de l’énergie.
Alors que les hostilités avaient déjà repris dimanche après environ un mois d’accalmie, l’absence d’avancée diplomatique laisse désormais craindre un nouveau cycle de représailles entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés.
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