Israël : Ronen Bar poursuit Netanyahu en diffamation à l’approche des législatives
À deux semaines des élections législatives israéliennes du 27 octobre, Benjamin Netanyahu fait face à une nouvelle offensive judiciaire. Ronen Bar, ancien directeur du Shin Bet, l’accuse d’avoir diffusé des informations mensongères sur leurs responsabilités respectives dans les défaillances sécuritaires ayant précédé l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Une procédure qui ravive le débat sur la gestion de cette crise majeure et fragilise davantage la campagne du Premier ministre.
Une plainte qui relance la question des responsabilités
Ronen Bar a déposé mercredi une plainte en diffamation contre Benjamin Netanyahu. Dans ce recours, l’ancien patron du service de sécurité intérieure israélien reproche au chef du gouvernement d’avoir formulé des accusations qu’il savait fausses afin, selon lui, de détourner l’attention de sa propre responsabilité dans les événements du 7-Octobre.
Dans un document de 134 pages, Ronen Bar conteste notamment les accusations de « défaillances criminelles » portées contre lui. Il dénonce également des propos qu’il considère comme des calomnies et affirme avoir alerté à plusieurs reprises Benjamin Netanyahu, avant l’attaque, sur les menaces potentielles liées au Hamas.
Le Premier ministre a, de son côté, toujours soutenu ne pas avoir été informé de ces risques par l’ancien responsable du Shin Bet.
Ronen Bar reconnaît les défaillances de son service
La procédure intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. En juin 2025, Ronen Bar avait démissionné de ses fonctions après avoir reconnu les défaillances de son organisation lors de l’attaque du 7 octobre 2023.
Il avait alors déclaré que les systèmes de sécurité s’étaient effondrés et que le Shin Bet n’avait pas su donner l’alerte. Il avait également affirmé avoir assumé la responsabilité de ces défaillances en tant que chef du service.
Cette reconnaissance n’empêche toutefois pas l’ancien responsable de contester la version défendue par Benjamin Netanyahu. Dans sa plainte, il soutient que les choix politiques du Premier ministre au fil des années ont contribué à renforcer les menaces émanant des organisations terroristes opérant dans la bande de Gaza.
Un désaccord sur l’alerte du 7 octobre
La question de l’information du chef du gouvernement au moment de l’attaque constitue l’un des principaux points de confrontation entre les deux hommes.
Benjamin Netanyahu reproche aux responsables de l’armée et du Shin Bet de ne pas l’avoir réveillé dans la nuit du 7 octobre. Il estime qu’une alerte plus précoce aurait pu modifier le déroulement des événements.
Ronen Bar affirme, pour sa part, avoir téléphoné à l’attaché militaire du Premier ministre dès le déclenchement de l’alerte. Il explique ne pas avoir disposé du numéro direct de Benjamin Netanyahu.
En réaction, le Likoud, le parti du Premier ministre, a relayé mercredi une déclaration dans laquelle Benjamin Netanyahu conteste cette explication. Il affirme que Ronen Bar disposait de son numéro sur une ligne dédiée et aurait pu le joindre directement, comme le font habituellement les chefs des services de sécurité. Il s’interroge également sur le nombre de vies qui auraient pu être sauvées si l’appel avait été passé à temps.
Une affaire judiciaire au cœur de la campagne électorale
À l’approche du scrutin du 27 octobre, présenté comme serré, cette confrontation place de nouveau les défaillances sécuritaires du 7 octobre au centre du débat politique israélien. Les accusations de Ronen Bar mettent directement en cause la manière dont les responsabilités sont réparties entre les dirigeants politiques et les responsables des services de sécurité.
L’ancien chef du Shin Bet réclame trois millions de shekels, soit environ 873 000 euros, de dommages et intérêts. Il a transmis au tribunal plusieurs documents destinés à étayer ses accusations.
L’issue de cette procédure reste à déterminer. Mais, à quelques jours des élections, le conflit judiciaire entre Benjamin Netanyahu et Ronen Bar ajoute une nouvelle pression sur le Premier ministre, déjà confronté aux interrogations persistantes sur la gestion sécuritaire ayant précédé l’attaque du Hamas.
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