L’Union Européenne suspend son accord de pêche avec le Sénégal
La décision de l’Union européenne (UE) de suspendre son accord de pêche avec le Sénégal, dont le protocole expirera le 17 novembre 2024, suscite de vives réactions et met en lumière les défis majeurs auxquels le pays est confronté dans la gestion durable de ses ressources halieutiques. Cette décision a été annoncée par l’ambassadeur de l’UE au Sénégal, Jean-Marc Pisani, qui a expliqué que le bloc européen applique une politique de « tolérance zéro » contre les pratiques de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Le Sénégal, selon l’UE, n’a pas fait suffisamment de progrès pour contrer efficacement ce fléau.
Le Sénégal, où la pêche constitue l'essentiel de l'approvisionnement en produits de la mer, fait face à une pression croissante sur ses stocks de poissons, en grande partie à cause des captures illégales le long de ses côtes. En mai dernier, la Commission européenne avait émis un avertissement au pays de la Teranga, indiquant que des exportations illégales de produits de la mer vers l’UE avaient été détectées, ajoutant une tension dans les relations commerciales avec le Sénégal.
En dépit de la suspension imminente de l’accord de pêche, l’UE assure qu’elle continuera à soutenir le Sénégal dans ses efforts pour renforcer la surveillance de ses activités de pêche et améliorer la traçabilité des produits. Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), des discussions sont en cours pour établir des mécanismes durables de coopération afin de lutter contre la pêche INN. Dans un communiqué officiel, l’UE a souligné que « dans l’attente d’une évolution favorable », l’accord de pêche ne sera pas renouvelé, ajoutant que les navires européens devront quitter les eaux sénégalaises après l’expiration du protocole.
L’accord de pêche de cinq ans, signé en 2019, représentait une source importante de financement pour le secteur de la pêche au Sénégal. Avec une contribution de 8,5 millions d’euros versée par l’UE au budget sénégalais, cet accord a permis de financer le développement de l’infrastructure de pêche, incluant la construction de quais à Ndangane Sambou, dans la région de Fatick, et à Hann, à Dakar. En outre, ces fonds ont été utilisés pour financer des projets de recherche scientifique et de surveillance des ressources halieutiques, contribuant ainsi à la préservation des stocks de poissons.
Avec la suspension de cet appui financier, le Sénégal risque de perdre des fonds cruciaux pour la protection et le développement de son secteur de la pêche, à un moment où les captures atteignent des niveaux élevés, avec environ 500 000 tonnes de produits halieutiques enregistrés en 2022, selon la FAO. Cette situation représente un défi de taille pour le Sénégal, qui doit trouver de nouveaux moyens pour préserver ses ressources marines tout en répondant aux exigences croissantes de durabilité imposées par ses partenaires internationaux.
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