Marché des volailles : une baisse des prix qui soulage les consommateurs
Après plusieurs mois de flambée, le marché marocain des viandes de volailles connaît un net répit. Dans la majorité des marchés de détail, le prix du kilogramme de poulet s’est stabilisé autour de 14 dirhams, offrant un soulagement bienvenu au pouvoir d’achat des ménages, alors que les produits alimentaires connaissent généralement une hausse continue.
Cette détente des prix résulte d’une offre plus abondante, face à une demande relativement stable. Selon Mustapha Montassar, président de l’Association nationale des producteurs de volailles, ce recul n’est pas conjoncturel, mais le fruit d’une dynamique engagée depuis 2023. Dans une déclaration au quotidien Assahra Al Maghribia, il précise que la tendance baissière s’est renforcée à partir de l’été dernier, pour atteindre les niveaux actuels. La principale explication réside dans la croissance de la production, soutenue par des investissements significatifs dans les élevages de poussins.
Une production en forte hausse
La production hebdomadaire de poussins, qui oscillait entre 7 et 8 millions d’unités jusqu’en 2022, atteint aujourd’hui près de 13 millions par semaine, soit une augmentation d’environ 30 %. Cette montée en puissance exerce mécaniquement une pression à la baisse sur les prix, permettant un meilleur approvisionnement des marchés et un accès plus facile pour les consommateurs.
Ramadan : des prix stables attendus
À l’approche du Ramadan, période traditionnellement propice à une hausse de la consommation, les professionnels se veulent rassurants. Selon Mustapha Montassar, les prix devraient rester stables, grâce au fort taux de remplissage des élevages et à la continuité de la production, limitant tout risque de tension haussière à court terme.
Cependant, cette baisse profite surtout aux consommateurs et met en difficulté certains éleveurs, notamment les petits producteurs. Le président de l’association évoque des pertes financières liées à la combinaison de prix de vente bas et de coûts de production élevés. Un retour progressif à l’équilibre pourrait être envisagé après le Ramadan, avec une réduction d’environ 10 % de la production de poussins et une détente des prix des aliments composés.
Les coûts liés à l’alimentation animale restent élevés, impactés par les fluctuations internationales du maïs et du soja, qui représentent près de 80 % de la composition des aliments pour volailles. Les contraintes logistiques, telles que les retards dans le déchargement des cargaisons dus aux conditions météorologiques, contribuent également à l’augmentation des coûts.
Un marché du dindon également dynamique
Le marché du dindon connaît lui aussi une situation d’abondance. La production a doublé entre 2020 et 2022, passant d’environ un million à deux millions de têtes. Les mois de novembre et décembre derniers ont chacun enregistré l’élevage de 1,7 million de dindons. Les prix de vente à la sortie des exploitations varient actuellement entre 16 et 17 dirhams le kilogramme.
Dans les marchés, cette baisse des prix est déjà perceptible. À Casablanca, un vendeur note que les tarifs actuels incitent les consommateurs à acheter davantage, contrastant avec la période estivale où les prix étaient élevés. Cette dynamique redonne de la vitalité aux marchés de volailles, essentiels pour l’apport en protéines des ménages marocains.
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