Maroc : une nouvelle stratégie pour lutter contre l’envasement des barrages
La préservation des infrastructures hydrauliques devient un enjeu central pour la gestion de l’eau au Maroc. Dans ce contexte, le ministère de l’Équipement et de l’Eau et l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) ont conclu à Rabat une convention-cadre visant à renforcer la lutte contre l’envasement des barrages et à améliorer la gestion des bassins versants.
Cet accord institutionnel marque une nouvelle étape dans la coordination des politiques publiques liées aux ressources hydriques et à la protection des sols.
Une coopération renforcée autour des bassins versants
Signée par le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, et le directeur général de l’ANEF, Abderrahim Houmy, la convention prévoit la mise en place d’une approche intégrée pour la gestion des bassins versants situés en amont des barrages.
L’objectif est d’anticiper les phénomènes d’érosion qui entraînent le transport de sédiments vers les retenues d’eau. Ce processus, appelé envasement, réduit progressivement la capacité de stockage des barrages et peut compromettre leur efficacité à long terme.
Selon les autorités, la nouvelle coopération doit permettre de mieux protéger ces infrastructures essentielles pour l’approvisionnement en eau potable, l’irrigation agricole et la production hydroélectrique.
Une approche préventive pour préserver les ressources en eau
Les responsables des deux institutions ont insisté sur la nécessité d’agir en amont pour limiter l’accumulation de sédiments dans les retenues.
La convention prévoit notamment des programmes d’aménagement des bassins versants, des actions de conservation des sols et le renforcement de la couverture végétale afin de réduire l’érosion.
Au-delà de la protection des barrages, cette stratégie vise également à limiter les risques d’inondation et à intégrer les dimensions environnementales et socio-économiques dans la gestion de l’eau.
Des programmes techniques et un partage des données
Le partenariat entre le ministère et l’ANEF reposera également sur une coopération technique plus étroite. Les deux institutions prévoient d’échanger des données hydrologiques et environnementales afin d’améliorer la planification des interventions.
Des programmes conjoints seront également mis en œuvre pour réduire les apports sédimentaires dans les retenues et renforcer la résilience des infrastructures hydrauliques face aux effets du changement climatique.
Un enjeu stratégique pour la sécurité hydrique
Dans un pays où les ressources en eau restent fortement dépendantes des barrages, la lutte contre l’envasement constitue un défi majeur. L’accumulation de sédiments peut diminuer la capacité des réservoirs et limiter leur rôle dans la régulation des ressources hydriques.
Avec cette convention, les autorités marocaines cherchent à inscrire la gestion de l’eau dans une logique plus durable, en combinant protection des écosystèmes, aménagement du territoire et sécurisation des infrastructures hydrauliques.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale visant à préserver les capacités de stockage des barrages et à renforcer la sécurité hydrique du Royaume à long terme.
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