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Transformation numérique : l’APEBI appelle à des résultats concrets dès 2026
Quatre ans avant l’échéance fixée par la stratégie Maroc Digital 2030, l’année 2026 s’impose comme un moment charnière pour la transformation numérique du Maroc. Après une longue phase de conception et de convergence stratégique, le Royaume entre désormais dans le temps de l’exécution opérationnelle, où l’offshoring et les infrastructures numériques sont appelés à jouer un rôle central dans la création d’emplois qualifiés, la compétitivité des entreprises et l’attractivité économique du pays.
Dans un communiqué, la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI) appelle à un véritable changement de régime dans la conduite des politiques numériques. Selon la Fédération, l’année 2025 a constitué une étape décisive, marquée par l’aboutissement d’un processus concerté associant acteurs publics et privés, ayant permis d’installer Maroc Digital 2030 comme cadre de référence partagé. Désormais, l’enjeu n’est plus la multiplication des stratégies, mais leur mise en œuvre disciplinée, coordonnée et mesurable.
Cette phase de convergence a permis de consolider plusieurs acquis structurants. Le numérique a été affirmé comme un levier de compétitivité, d’emploi et de souveraineté, tandis que l’écosystème s’est fortement mobilisé autour des startups, des PME technologiques et de l’export des services numériques. Des cadres communs ont été posés sur les compétences, l’offshoring et les infrastructures, accompagnés de signaux d’activation tels que l’annonce de mécanismes de financement dédiés aux startups et la publication de la circulaire relative à l’offshoring. Pour l’APEBI, ces avancées créent désormais une obligation de résultats.
La Fédération rappelle que Maroc Digital 2030 constitue un cadre global intégrant la digitalisation des processus, la gouvernance de la donnée, la cybersécurité, l’innovation et les technologies avancées. Toute initiative sectorielle nouvelle, y compris dans le domaine de l’Intelligence artificielle, doit s’inscrire dans cette dynamique et agir comme un levier d’exécution, et non comme une démarche autonome. La performance collective repose ainsi sur la continuité stratégique et l’ajustement permanent des politiques publiques aux usages réels du terrain.
Parmi les chantiers jugés critiques figure l’adéquation entre emploi et compétences. Pour l’APEBI, l’enjeu ne réside pas dans l’augmentation quantitative de l’offre de formation, mais dans la mise en place d’une gouvernance orientée résultats, capable d’aligner durablement dispositifs publics, besoins des recruteurs et capacités de recherche. Les indicateurs doivent être recentrés sur l’emploi effectif et la rapidité de recrutement, afin de répondre aux tensions croissantes sur les profils numériques qualifiés.
La Fédération insiste également sur la nécessité de structurer un continuum fluide entre startups et PME technologiques. Les premières demeurent essentielles pour l’exploration et l’innovation rapide, tandis que les secondes constituent le socle industriel indispensable pour transformer ces innovations en solutions robustes, déployables à grande échelle et créatrices d’emplois durables. Sans ce passage à l’échelle, prévient l’APEBI, l’innovation reste fragmentée et son impact sur la productivité nationale demeure limité.
S’agissant de l’Intelligence artificielle, l’approche défendue se veut pragmatique. Présentée comme un levier d’accélération fondé sur la maturité digitale existante, l’IA ne peut produire de valeur qu’à partir de données propres, structurées et gouvernées, issues de processus déjà digitalisés. En l’absence de ces prérequis, les gains attendus resteraient largement théoriques.
L’accent est toutefois mis de manière prioritaire sur l’offshoring et les infrastructures numériques, considérés comme des piliers immédiats de l’exécution en 2026. Selon la Fédération, le potentiel de création d’emplois de l’offshoring dépend directement de la simplification des dispositifs, de la lisibilité des mécanismes d’appui et d’une promotion internationale structurée de l’offre marocaine. Les infrastructures, qu’il s’agisse de la connectivité, du cloud ou des technologies IoT, constituent quant à elles le socle transversal de l’ensemble de la transformation digitale, soutenant à la fois l’offshoring, l’IA et la digitalisation des services publics et privés.
Enfin, l’APEBI inscrit cette exigence d’exécution dans un calendrier contraint. L’horizon 2030, marqué notamment par la perspective de grands événements internationaux, impose un compte à rebours opérationnel. Les transformations attendues en matière d’expérience citoyenne, de sécurité et de services numériques se préparent sur plusieurs années et exigent une continuité sans rupture. Le facteur temps, souligne la Fédération, impose des choix clairs dès 2026 pour faire de Maroc Digital 2030 une réalité économique et sociale tangible.