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Expropriations au quartier L’Océan : le Médiateur saisi

Expropriations au quartier L’Océan : le Médiateur saisi
Hier 17:00
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Le quartier L'Océan à Rabat, pris dans un tourbillon d'expropriations et de démolitions, suscite une vive inquiétude parmi ses habitants. Ce dossier complexe, qui touche le droit à la propriété et les principes d'équité, est désormais entre les mains du Médiateur du Royaume, après une plainte déposée par Farouk Mahdaoui, conseiller communal de l'Alliance de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), au Conseil de la ville de Rabat.

Le 24 mars dernier, Mahdaoui a dénoncé une série de pratiques qu’il qualifie de « domination et d’exploitation » exercées par les autorités publiques sur les résidents de ce quartier. Dans sa plainte, il affirme que les autorités mettent une pression excessive sur les habitants, les contraignant à vendre leurs biens à des entités non identifiées, censées être liées à la Direction des biens de l’État. Selon Mahdaoui, certains agents de l'administration locale recourent à des menaces, allant jusqu’à refuser l’octroi de certificats administratifs à ceux qui refusent de céder leurs propriétés.

Un prix largement inférieur à la valeur du marché

Au cœur de cette controverse, des ventes forcées à des prix bien en deçà des valeurs du marché immobilier de la capitale. Le conseiller communal explique que les propriétés non enregistrées seraient acquises pour 1.000 dirhams le mètre carré, tandis que celles enregistrées sont cédées à 13.000 dirhams, des montants largement inférieurs aux prix réels qui varient entre 20.000 et 30.000 dirhams le mètre carré. Une telle évaluation, selon Mahdaoui, constitue une violation des procédures légales d'expropriation et de vente amiable, en contradiction avec le plan d’aménagement de Rabat, récemment publié au Bulletin officiel du 24 février 2025.

Le manque de fondement juridique des démolitions et relogements

Le dossier a aussi fait l’objet de nombreuses critiques politiques. Les conseillers de la FGD dénoncent un manque de base juridique pour ces démolitions et relogements, estimant que ces actions portent atteinte au droit de propriété, un droit garanti par la Constitution marocaine. Même le Parti de la justice et du développement (PJD) a exprimé son soutien aux habitants du quartier, soulignant l'absence de cadre légal clair et de documents officiels pour justifier les actions en cours.

Farouk Mahdaoui, qui a porté ce dossier devant le Médiateur du Royaume, Hassan Tarik, a exprimé sa volonté de collaborer pleinement avec ce dernier pour fournir toutes les informations nécessaires à une enquête approfondie. Il insiste sur l’urgence d’une intervention afin de garantir une issue juste et équitable pour les habitants du quartier L’Océan.

Alors que la situation reste tendue, les habitants et leurs soutiens espèrent que la médiation du Médiateur du Royaume permettra de rétablir la justice et de mettre fin à ces pratiques qu’ils jugent abusives. Une affaire qui, au-delà des enjeux immobiliers, soulève des questions sur la transparence des décisions administratives et le respect des droits fondamentaux des citoyens.

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