Médicaments anti-obésité : le danger du marché noir
L'utilisation des médicaments destinés au traitement du diabète de type 2 et de l'obésité connaît une progression importante, portée notamment par leur popularité sur les réseaux sociaux. Présentés comme une solution efficace pour perdre du poids rapidement, ces traitements font toutefois l'objet d'un usage détourné qui favorise le développement d'un marché noir préoccupant. Les professionnels de santé mettent en garde contre les conséquences de cette tendance, tant pour les patients que pour le système de santé.
L'Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) rappelle que les médicaments de la famille des agonistes du GLP-1, notamment ceux contenant du sémaglutide, du tirzépatide, du liraglutide ou du dulaglutide, sont destinés à des indications médicales précises. Leur utilisation doit impérativement se faire sur prescription et sous surveillance médicale afin de garantir leur efficacité et leur sécurité.
Les réseaux sociaux au cœur du phénomène
L'essor des plateformes numériques a facilité la vente illégale de ces médicaments. Des annonces circulent régulièrement sur les réseaux sociaux, proposant ces traitements sans ordonnance et en dehors du circuit pharmaceutique officiel.
Selon M. Lahbabi, président du Syndicat des pharmaciens, cette pratique connaît une expansion inquiétante au Maroc. Il souligne que de nombreux médicaments sont désormais écoulés via des circuits parallèles échappant à tout contrôle sanitaire, ce qui accroît les risques pour les consommateurs.
Des risques réels pour la santé
Les pharmaciens rappellent qu'un médicament acheté en dehors d'une officine peut être contrefait, mal conservé ou contenir un dosage inadapté. Dans certains cas, il peut même renfermer des substances dangereuses ou être totalement dépourvu de principe actif.
L'utilisation non encadrée des traitements injectables expose également les patients à des complications telles que des hypoglycémies, des troubles digestifs, des infections ou encore des atteintes pancréatiques et cardiovasculaires. Les autorités sanitaires déconseillent donc formellement l'achat de médicaments sur Internet ou via les réseaux sociaux.
Une demande qui menace l'approvisionnement
La popularité de ces médicaments auprès des personnes souhaitant perdre du poids pour des raisons esthétiques exerce une pression croissante sur les stocks disponibles. Cette situation peut compliquer l'accès aux traitements pour les patients atteints de diabète ou d'obésité qui en ont réellement besoin.
Les pharmaciens constatent également une multiplication des demandes sans ordonnance, ainsi que des tentatives visant à contourner la réglementation en vigueur.
Renforcer la lutte contre les ventes illégales
Face à cette situation, les représentants du secteur pharmaceutique appellent à intensifier les contrôles des circuits de distribution clandestins et à renforcer les sanctions contre les réseaux impliqués dans le commerce illicite de médicaments.
Ils rappellent enfin que ces traitements ne doivent jamais être utilisés comme de simples produits amaigrissants. Leur prescription repose sur une évaluation médicale et leur usage nécessite un suivi régulier afin de limiter les risques pour la santé.
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