Barrage Al Massira : un retour encourageant après des années de sécheresse
Après une longue période marquée par un déficit hydrique préoccupant, le barrage Al Massira, deuxième plus grand ouvrage hydraulique du Maroc, affiche enfin des indicateurs rassurants. Grâce à des précipitations abondantes enregistrées durant la saison 2025-2026, son taux de remplissage atteint désormais 42 %, un niveau inédit depuis plus de neuf ans.
Situé dans la province de Settat, ce barrage stratégique retrouve progressivement son rôle central dans la gestion de l’eau. Cette amélioration bénéficie également à l’ensemble du bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbia, durement affecté par les épisodes successifs de sécheresse.
Entre le 1er septembre 2025 et le 15 mai 2026, les apports en eau au niveau du sous-bassin du barrage ont atteint environ 617 millions de mètres cubes. À cela s’ajoutent des transferts d’eau depuis d’autres infrastructures du même bassin, portant le total à près de 690 millions de mètres cubes.
Le volume global stocké dans le barrage atteint ainsi environ 1,11 milliard de mètres cubes à la mi-mai 2026. À titre de comparaison, à la même période en 2025, ce volume ne dépassait pas 155 millions de mètres cubes, soit à peine 5,8 % de sa capacité.
Mis en service en 1979, le barrage dispose d’une capacité totale de stockage de 2,65 milliards de mètres cubes, ce qui en fait un pilier essentiel de la politique hydraulique nationale.
Le barrage Al Massira joue un rôle fondamental dans l’approvisionnement en eau potable de plusieurs grandes villes du pays. Parmi les zones desservies figurent notamment le sud de Casablanca, ainsi que Marrakech, Settat, Berrechid, Sidi Bennour, Youssoufia et Benguerir.
Il alimente également plusieurs centres urbains situés dans les provinces d’El Jadida et de Safi.
Sur le plan agricole, cette infrastructure permet l’irrigation d’environ 100 000 hectares dans le périmètre des Doukkala, l’un des principaux pôles agricoles du Royaume. Une enveloppe de 250 millions de mètres cubes d’eau a d’ailleurs été allouée pour soutenir la campagne agricole en cours, tandis que 27 millions de mètres cubes ont été mobilisés pour la zone de Bir Jdid.
Au-delà de l’eau potable et de l’irrigation, le barrage contribue également à la production d’énergie hydroélectrique. L’électricité générée est injectée dans le réseau national, renforçant ainsi la sécurité énergétique du pays.
Cette amélioration des réserves hydriques devrait permettre d’assurer l’approvisionnement en eau potable pour au moins deux années, tout en soutenant les besoins agricoles et industriels.
L’ensemble du bassin de l’Oum Er-Rbia a bénéficié de conditions climatiques particulièrement favorables. Entre septembre 2025 et mai 2026, les précipitations cumulées ont atteint 571 mm, soit un excédent de 47 % par rapport à une année normale.
Dans ce contexte, les apports en eau enregistrés dans les principaux barrages du bassin ont totalisé près de 3,31 milliards de mètres cubes, marquant une hausse de 40 % par rapport à la saison précédente.
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