Barrages : vers un contrôle plus strict pour protéger les populations
Au Maroc, la sécurité des barrages devient un enjeu majeur face à l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes et à la pression croissante sur les infrastructures hydrauliques. Le Conseil de gouvernement doit prochainement examiner un projet de décret visant à clarifier les modalités de classification des barrages et à encadrer les procédures d’évaluation de leur sécurité, conformément à la loi n° 30-15 de 2016. Cette loi constitue le socle juridique de la gestion des risques hydrauliques et repose sur un principe essentiel : tous les barrages ne présentent pas le même niveau de danger et nécessitent un classement différencié.
La classification des barrages prend en compte les risques pour les populations, les infrastructures et l’économie situées en aval. Elle repose sur plusieurs critères, dont la taille de l’ouvrage, sa capacité de stockage, la configuration géographique et la densité des zones exposées en cas de rupture. Cette hiérarchisation permet d’orienter les priorités en matière de surveillance, de maintenance et d’intervention d’urgence, en concentrant les moyens sur les ouvrages présentant les risques les plus élevés.
En parallèle, la loi impose un suivi régulier de la sécurité des barrages. Chaque infrastructure doit faire l’objet d’études techniques approfondies pour évaluer son comportement structurel, sa résistance aux contraintes hydrologiques et sismiques, ainsi que l’efficacité de ses dispositifs de régulation. Ces évaluations, loin d’être de simples formalités, visent à anticiper les défaillances potentielles et à garantir la pérennité des ouvrages.
Lorsque des insuffisances sont identifiées, des programmes de renforcement sont élaborés, définissant les travaux nécessaires, le calendrier d’exécution et les moyens techniques mobilisés, sous validation des autorités compétentes. Cette approche proactive met l’accent sur la prévention plutôt que sur la gestion de crise.
La surveillance permanente constitue également un pilier du dispositif. Les exploitants doivent installer des systèmes de suivi technique, consigner les données de fonctionnement et maintenir des registres accessibles aux autorités de contrôle. Cette traçabilité facilite la détection rapide des anomalies et le déclenchement de mesures correctives.
Au-delà de l’aspect technique, la réglementation clarifie les responsabilités institutionnelles. Le maître d’ouvrage ou le concessionnaire répond de la conception et de la réalisation, l’exploitant assure la sécurité pendant l’exploitation, et l’administration supervise et peut imposer des mesures préventives. Les agences de bassins hydrauliques renforcent la coordination territoriale et participent aux processus d’instruction et de contrôle.
Malgré l’adoption de la loi en 2016, sa mise en œuvre a été ralentie par l’attente de textes d’application précis. Les événements climatiques récents accélèrent désormais ce processus. Dans un contexte de variabilité hydrologique et de précipitations extrêmes, la classification et l’évaluation des barrages deviennent des instruments stratégiques pour protéger les populations et renforcer la résilience du système hydraulique national.
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