Blé : pourquoi la dépendance du Maroc devient un défi stratégique
La dépendance du Maroc aux céréales importées s’inscrit désormais dans la durée et dépasse le cadre des fluctuations conjoncturelles. Une étude publiée par l’African Scientific Journal met en évidence une vulnérabilité structurelle liée à une consommation élevée, à une production instable et à des arbitrages budgétaires de plus en plus complexes dans un contexte de stress hydrique et de tensions sur les marchés internationaux.
La question céréalière ne se limite plus à un simple ajustement entre récolte nationale et importations. Les travaux menés par Abdellatif Noureddine et Ahmed Abriane soulignent qu’elle constitue désormais un enjeu stratégique, à la croisée de la sécurité alimentaire, de la soutenabilité des finances publiques et de l’exposition géopolitique.
Avec environ 255 kg de blé consommés par habitant chaque année, le pays figure parmi les plus grands consommateurs de cette céréale. Cette forte demande structure le régime alimentaire, mais aussi certains équilibres sociaux, notamment à travers la question du prix du pain.
La consommation continue de progresser sous l’effet de l’urbanisation, de la croissance démographique et du développement des produits transformés. En parallèle, la production nationale demeure fortement dépendante des conditions climatiques. Une grande partie des surfaces céréalières reste en culture bour, exposée aux aléas météorologiques, ce qui entraîne des variations importantes d’une campagne agricole à l’autre.
Selon l’étude, un seuil critique est franchi lorsque l’importation devient un pilier central du système alimentaire. La consommation nationale dépasse désormais 11 millions de tonnes par an, tandis que certaines campagnes récentes, notamment en 2024, n’ont couvert qu’une part limitée des besoins. Cette situation renforce la sensibilité du pays aux fluctuations des prix internationaux et à la disponibilité des devises.
La politique de subvention joue un rôle déterminant dans cet équilibre. Le maintien d’un prix administré pour la farine nationale de blé tendre vise à préserver l’accessibilité du pain. Toutefois, la succession des chocs sur les marchés mondiaux a alourdi la facture budgétaire et accentué la pression sur la balance commerciale.
Face à cette exposition, les autorités ont amorcé un renforcement des capacités de stockage stratégique. Depuis 2023, l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses a intensifié les efforts pour constituer des stocks couvrant plusieurs mois de consommation afin de sécuriser les approvisionnements et amortir les fluctuations.
À moyen et long terme, la réponse s’inscrit dans une transformation plus large du modèle agricole. La stratégie Génération Green et le contrat-programme dédié aux céréales visent à améliorer la productivité et à réduire la dépendance extérieure. Ces ambitions se heurtent toutefois à des contraintes structurelles, notamment la rareté de l’eau et la faiblesse relative de l’irrigation céréalière.
L’étude invite enfin à élargir le débat au modèle alimentaire lui-même. La forte concentration sur les céréales raffinées soulève des enjeux nutritionnels et de résilience. La souveraineté alimentaire, concluent les chercheurs, dépend autant de la diversification des cultures et des régimes alimentaires que de l’augmentation des volumes produits.
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