Diabète : des épices marocaines pour réguler le sucre dans le sang
Au Maroc, près de trois millions de personnes vivent aujourd’hui avec le diabète de type 2, une maladie dont l’incidence a plus que doublé en vingt ans. Une étude récente menée par l’Université Cadi Ayyad de Marrakech et publiée en février 2026 montre que certaines épices marocaines, très présentes dans la cuisine traditionnelle, peuvent aider à réguler le taux de sucre dans le sang. Le gingembre, le curcuma, le safran, le cumin et la coriandre ont été examinés dans 61 essais cliniques randomisés et leurs effets se sont révélés mesurables, parfois comparables à ceux de médicaments couramment prescrits. Le diabète de type 2 n’est pas simplement une maladie du sucre, c’est un trouble de la régulation de l’organisme. Dans un corps sain, chaque repas déclenche la production d’insuline, hormone qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules et de fournir de l’énergie. Chez les personnes diabétiques, ce mécanisme est perturbé, soit par une production insuffisante d’insuline par le pancréas, soit par une résistance des cellules à cette hormone, entraînant une accumulation de glucose dans le sang et des dommages progressifs aux reins, au cœur, aux yeux, aux nerfs et aux vaisseaux sanguins. Cette pathologie apparaît souvent après 40 ans et est favorisée par le surpoids, la sédentarité et une alimentation industrielle.
L’étude de l’équipe marocaine a analysé trente ans de recherches sur ces cinq épices afin de mesurer leur effet sur la glycémie. Le gingembre apparaît comme le mieux documenté, avec une baisse moyenne de la glycémie à jeun de 19 mg/dL et une diminution de l’HbA1c de 0,57 %. Le curcuma agit sur le foie en limitant la production excessive de glucose et, associé au poivre noir, son absorption par l’organisme est multipliée par vingt. Le safran marocain, étudié chez plus de 500 patients, réduit la glycémie et protège les cellules pancréatiques. La coriandre ralentit l’absorption du sucre après les repas et un gramme par jour suffit à améliorer la glycémie, l’insulinorésistance et le taux de mauvais cholestérol. Quant au cumin, il participe également à la régulation du sucre et à la protection cardiovasculaire.
Malgré ces découvertes, le diabète continue de progresser au Maroc. La transition alimentaire explique en partie ce paradoxe : les plats traditionnels riches en épices ont été remplacés par du pain blanc, des boissons sucrées et des fast-foods, et même lorsque les épices sont présentes dans les plats, elles sont utilisées en quantités culinaires insuffisantes pour avoir un effet thérapeutique. Les chercheurs soulignent que leurs conclusions concernent des supplémentations standardisées et appellent à de nouvelles études sur les mélanges traditionnels comme le ras el hanout ou la chermoula, dont les effets combinés restent à confirmer.
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