États-Unis : le Maroc visé par une possible hausse des droits de douane
Le Maroc figure parmi les pays ciblés par une nouvelle offensive commerciale envisagée par les États-Unis autour de la lutte contre le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement internationales. Washington envisage en effet l’imposition de droits de douane supplémentaires à plusieurs partenaires commerciaux accusés de ne pas appliquer efficacement des mesures interdisant l’importation de produits issus du travail forcé.
Cette initiative émane du Bureau du représentant américain au Commerce extérieur (USTR), qui a placé 54 économies sous surveillance dans le cadre d’une vaste procédure ouverte au titre de la Section 301 du Trade Act de 1974.
Le Maroc dans le viseur de l’USTR
Dans son rapport préliminaire, l’USTR estime que le Maroc ne dispose pas d’un dispositif suffisamment efficace pour empêcher l’importation de biens fabriqués à l’aide du travail forcé.
L’administration américaine considère que cette situation constitue une pratique commerciale jugée « déraisonnable » susceptible de créer une distorsion de concurrence au détriment des entreprises et travailleurs américains.
Aux côtés du Maroc, plusieurs économies majeures figurent également sur la liste des pays concernés, notamment le Japon, le Brésil, l’Arabie saoudite, le Qatar, le Royaume-Uni ou encore l’Algérie.
L’USTR distingue toutefois plusieurs niveaux de responsabilité selon les engagements déjà pris par certains partenaires commerciaux en matière de contrôle des importations et de conformité sociale.
Une surtaxe pouvant atteindre 12,5 %
Les mesures envisagées pourraient se traduire par une surtaxe douanière supplémentaire de 12,5 % sur les exportations à destination du marché américain pour certains pays jugés insuffisamment engagés dans la lutte contre le travail forcé.
D’autres économies ayant déjà mis en œuvre des engagements partiels ou disposant d’accords commerciaux spécifiques avec Washington pourraient bénéficier d’un taux réduit de 10 %.
Cette procédure s’inscrit dans une stratégie plus large des États-Unis visant à renforcer les exigences de traçabilité et de conformité éthique au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Pour Washington, la question du travail forcé devient désormais un enjeu commercial stratégique au même titre que les déséquilibres douaniers ou les politiques industrielles.
Une procédure encore ouverte aux consultations
À ce stade, aucune décision définitive n’a encore été adoptée. L’USTR a lancé une phase de consultation publique destinée à recueillir les observations des gouvernements, entreprises et organisations concernées.
Les parties intéressées disposent jusqu’au 6 juillet pour transmettre des contributions écrites et jusqu’au 22 juin pour demander à participer aux auditions publiques prévues début juillet.
Cette fenêtre de consultation laisse au Maroc et aux autres pays visés la possibilité de présenter leurs arguments, leurs évolutions réglementaires ou leurs engagements dans la lutte contre le travail forcé.
Des enjeux sensibles pour les exportations marocaines
Cette procédure intervient dans un contexte où le Maroc cherche à renforcer ses échanges commerciaux avec les États-Unis et à consolider sa présence sur plusieurs secteurs exportateurs stratégiques.
L’éventuelle mise en place de nouveaux droits de douane pourrait avoir un impact sur la compétitivité de certaines exportations marocaines vers le marché américain.
Au-delà de l’aspect commercial, cette initiative illustre également la montée en puissance des critères sociaux et éthiques dans les politiques commerciales internationales.
Les grandes puissances économiques intègrent désormais davantage les questions liées aux droits humains, aux conditions de production et à la responsabilité des chaînes d’approvisionnement dans leurs relations économiques et douanières.
Une pression croissante sur les chaînes d’approvisionnement mondiales
Les investigations de l’USTR ont été ouvertes dès mars 2026 et ont donné lieu à plusieurs mois de consultations et d’auditions impliquant des dizaines d’experts et d’acteurs économiques.
Cette démarche confirme l’évolution des politiques commerciales américaines vers des mécanismes de contrôle plus stricts portant sur la transparence et la conformité des chaînes de production mondiales.
Pour les entreprises exportatrices, ces nouvelles exigences pourraient accélérer les besoins en audit social, en traçabilité et en contrôle des fournisseurs à l’échelle internationale.
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