Exporter du sanglier : une idée controversée sous haute surveillance
La proposition a de quoi surprendre. Un député du groupe Haraki a récemment suggéré l’exportation du sanglier comme solution à sa prolifération et aux dégâts causés à l’agriculture. Une initiative qui a rapidement suscité des réactions, notamment celle de l’Observatoire marocain de la protection du consommateur, appelant à la prudence et au strict respect des cadres légal, sanitaire et environnemental.
Dans un communiqué, l’Observatoire rappelle que le sanglier ne peut être considéré comme une simple marchandise. Espèce intégrée à l’écosystème et bénéficiant d’un statut de protection, son exploitation, a fortiori à des fins commerciales ou d’exportation, ne peut se faire en dehors de règles scientifiques et juridiques précises.
Si le débat autour des politiques agricoles et de la gestion de la faune sauvage est jugé légitime, l’Observatoire insiste sur le fait qu’il ne saurait occulter les obligations visant à protéger le consommateur. La loi n°28.07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires impose des normes strictes pour tout produit d’origine animale, qu’il soit destiné au marché local ou à l’export. Ces exigences portent notamment sur la traçabilité, le contrôle sanitaire et la prévention des risques pour la santé publique. Toute défaillance dans ce domaine engage directement la responsabilité des acteurs concernés.
L’Observatoire souligne également le rôle central de l’ONSSA (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires). Conformément à la loi n°25.08, cet organisme est seul habilité à assurer le contrôle vétérinaire et à délivrer les autorisations d’exportation. Aucun produit animal ne peut franchir les frontières sans une validation rigoureuse, d’autant plus que certaines maladies animales peuvent se transmettre au-delà des territoires nationaux.
Au-delà de l’aspect sanitaire, la question environnementale reste centrale. Le sanglier est protégé par les textes régissant la richesse forestière et la réglementation de la chasse. Toute forme d’exploitation doit donc préserver les équilibres écologiques. La loi n°11.03 sur la protection et la mise en valeur de l’environnement interdit toute activité susceptible de perturber l’écosystème et impose, le cas échéant, la réalisation d’études d’impact environnemental préalables.
Le communiqué fait enfin référence à l’article 31 de la Constitution, qui consacre le droit des citoyens à la santé et à un environnement sain. L’Observatoire met en garde contre des projets menés sans encadrement scientifique et légal, susceptibles de générer des risques sanitaires, des déséquilibres écologiques et des pratiques commerciales peu transparentes.
En conclusion, l’Observatoire marocain de la protection du consommateur plaide pour une gouvernance responsable et concertée. Toute décision liée à l’exportation du sanglier devrait, selon lui, s’appuyer sur la transparence, l’expertise des institutions spécialisées, l’avis des scientifiques et l’implication de la société civile. La santé des citoyens et la préservation de l’environnement doivent rester, insiste-t-il, des lignes rouges non négociables.
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