Fès : le maire Abdeslam Bekkali de nouveau devant la justice
La chambre criminelle d’appel de Fès entame, ce lundi 19 octobre, un nouveau procès visant le maire de la ville, Abdeslam Bekkali, membre du Rassemblement national des indépendants (RNI), ainsi que Soufiane Drissi, ancien secrétaire du conseil communal et cadre du même parti. Cette nouvelle procédure intervient après que la Cour de cassation a accueilli les pourvois formés par leur défense contre les condamnations prononcées en appel dans une affaire de corruption financière et administrative.
Les deux responsables avaient été condamnés, en juin 2024, à six mois de prison ferme chacun par la chambre criminelle d’appel chargée des crimes financiers de la cour d’appel de Fès. Cette juridiction avait alors infirmé leur acquittement en première instance.
Abdeslam Bekkali doit désormais comparaître devant une nouvelle formation de jugement pour non-dénonciation d’un crime. Soufiane Drissi, qui a démissionné de ses fonctions de secrétaire du conseil communal, sera quant à lui rejugé pour trafic d’influence.
D’autres fonctionnaires de la commune de Fès seront également concernés par cette nouvelle étape judiciaire, après avoir obtenu gain de cause devant la Cour de cassation contre les décisions rendues en appel.
L’affaire s’inscrit dans un dossier plus large de corruption présumée au sein de la commune, dans lequel treize personnes étaient poursuivies pour différentes infractions, notamment faux et usage de faux en écriture publique, corruption, trafic d’influence, complicité de dilapidation de deniers publics et non-dénonciation d’un crime.
Parmi les principaux accusés figure Abdelkader Boussairi, ancien député de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et ancien adjoint au maire. Il a été condamné à huit ans de prison ferme par la juridiction d’appel, contre cinq ans en première instance. Il avait également été démis de ses fonctions communales par une décision du tribunal administratif.
La même juridiction avait alourdi plusieurs autres peines. Celle d’un entrepreneur était passée de trois à cinq ans de prison ferme, tandis qu’un intermédiaire avait vu sa condamnation portée à trois ans ferme, contre dix mois, dont deux avec sursis, auparavant. Un autre intermédiaire avait été condamné à un an de prison ferme, contre dix mois initialement.
Les peines prononcées à l’encontre de quatre fonctionnaires communaux avaient également été revues à la hausse. En revanche, les condamnations en première instance de trois autres fonctionnaires et d’un intermédiaire avaient été confirmées.
Le nouveau procès doit permettre à la juridiction de réexaminer les dossiers concernés par la décision de la Cour de cassation, dans le cadre de cette affaire portant sur la gestion des affaires locales à Fès.
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