Inondations dans le Gharb : les prix des légumes s’envolent à l’approche de Ramadan
Les inondations récentes ayant frappé la région du Gharb commencent à produire des effets visibles sur les marchés alimentaires locaux. À Sidi Yahia du Gharb notamment, les perturbations agricoles et logistiques consécutives aux crues ont entraîné une hausse progressive des prix des légumes, observée à quelques jours seulement du mois de Ramadan, période traditionnellement marquée par une demande accrue.
Un bassin agricole sous pression après les crues
La plaine du Gharb, reconnue comme l’un des principaux bassins maraîchers du Royaume, joue un rôle déterminant dans l’approvisionnement de nombreuses villes. Les pluies abondantes des dernières semaines avaient d’abord laissé espérer une saison favorable. Toutefois, la montée rapide du niveau de l’oued Sebou et de ses affluents a submergé plusieurs exploitations, ralentissant les récoltes et désorganisant les circuits de distribution.
Des routes secondaires reliant les zones agricoles aux centres de commercialisation ont été endommagées ou rendues impraticables, compliquant l’acheminement des produits. Cette situation souligne la vulnérabilité des infrastructures rurales face aux événements climatiques extrêmes et la dépendance du secteur à une logistique fragile.
Des circuits d’approvisionnement perturbés
La fermeture de certains axes a contraint les commerçants à modifier leurs sources d’approvisionnement. Les détaillants qui se fournissaient auparavant à proximité doivent désormais parcourir de longues distances pour s’approvisionner, ce qui entraîne une hausse des coûts de transport et des frais intermédiaires.
Driss Touil, vendeur de légumes au détail interrogé sur place, a confié à Walaw : « La marchandise a changé de route… et les prix aussi. »
Il précise : « Avant, nous nous fournissions dans les douars autour de Sidi Yahia et de Sidi Slimane. Aujourd’hui, nous sommes obligés d’aller jusqu’à Oulad Ziane, parfois même vers Agadir ou Chichaoua. La distance n’est plus la même, et les dépenses non plus. »
Selon lui, l’augmentation des prix ne reflète pas une hausse des bénéfices des commerçants : « Le consommateur ne voit que le prix final affiché sur l’étal. La marchandise parcourt désormais des centaines de kilomètres. Le transport coûte plus cher, le carburant aussi, et à chaque étape, les frais augmentent. » Il conclut : « Notre bénéfice n’a pas réellement augmenté. Ce sont surtout les charges qui se sont accumulées. »
Des prix en hausse à l’approche de Ramadan
Dans plusieurs marchés de la région, les produits de base affichent déjà des niveaux supérieurs à ceux observés il y a quelques semaines. L’oignon avoisine 9 dirhams le kilo, la carotte environ 8 dirhams, tandis que la tomate et la pomme de terre se situent autour de 5 dirhams. Les petits pois dépassent les 16 dirhams.
Cette évolution intervient dans un contexte sensible. À l’approche de Ramadan, la demande en légumes frais augmente généralement, ce qui accentue la pression sur l’offre disponible. Pour les ménages disposant de revenus modestes, ces fluctuations constituent une contrainte supplémentaire dans un climat marqué par la hausse globale du coût de la vie.
Des consommateurs qui réduisent les quantités
Sur les étals, les habitudes évoluent progressivement. Les clients continuent d’acheter les mêmes produits, mais en quantités plus réduites. Cette stratégie d’adaptation permet de préserver l’équilibre du budget alimentaire sans modifier profondément les habitudes culinaires.
Ce comportement traduit une érosion perceptible du pouvoir d’achat, particulièrement chez les foyers à revenus limités, pour lesquels chaque variation de prix a un impact immédiat.
Une situation locale révélatrice d’un enjeu national
L’exemple de Sidi Yahia du Gharb illustre clairement l’interaction entre aléas climatiques, logistique agricole et demande saisonnière. Les inondations ont constitué un facteur déclencheur immédiat, mais elles mettent surtout en lumière des fragilités structurelles liées aux infrastructures et à l’organisation des circuits d’approvisionnement.
À l’approche de Ramadan, l’évolution des conditions météorologiques et la reprise des récoltes seront déterminantes pour stabiliser les prix. En attendant, les marchés du Gharb offrent déjà un aperçu concret des répercussions économiques qu’un épisode climatique peut provoquer sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.
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