Liban : les frappes israéliennes se poursuivent malgré la trêve fragile
Deux frappes israéliennes ont visé mercredi des véhicules circulant sur l’autoroute reliant Beyrouth au sud du Liban, une route habituellement très fréquentée, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, selon des sources officielles libanaises. Les attaques se sont produites près de Jiyé, à environ vingt kilomètres au sud de la capitale, d’après l’Agence nationale d’information (ANI).
Sur place, un photographe de l’AFP a observé une voiture totalement calcinée au milieu de la chaussée ainsi que des équipes de secours intervenant pour évacuer une victime. Ces nouvelles frappes interviennent dans un climat de tensions persistantes, après des incidents similaires survenus quelques jours plus tôt dans la même zone.
Les autorités israéliennes affirment cibler des positions liées au Hezbollah, qu’elles accusent de maintenir des opérations armées dans le sud du Liban. Malgré l’accord de trêve, les échanges de tirs et frappes continuent de fragiliser la situation sécuritaire dans la région.
Selon le ministère libanais de la Santé, des frappes survenues mardi dans le sud du pays ont causé la mort de treize personnes, portant à plusieurs centaines le nombre de victimes depuis le début de la trêve. Ces chiffres illustrent la persistance d’un conflit de basse intensité malgré les engagements de cessez-le-feu.
Dans le même temps, l’armée israélienne a émis mercredi de nouveaux ordres d’évacuation concernant six villages situés dans la région de Tyr, annonçant de possibles opérations militaires imminentes. Ces mesures ont provoqué un nouvel exode de populations civiles déjà fortement éprouvées par les mois de violence.
La situation intervient à la veille de nouvelles discussions prévues à Washington entre les parties concernées, sous médiation américaine. Ces négociations visent à consolider la trêve et à réduire les risques d’escalade régionale.
Cependant, le Hezbollah continue de rejeter toute forme de négociation directe. Son secrétaire général, Naïm Qassem, a récemment déclaré que le mouvement entendait intensifier la riposte contre Israël en cas de poursuite des attaques, évoquant une « transformation de la bataille en enfer ».
Depuis le début de l’escalade régionale en mars, le bilan humain est particulièrement lourd. Selon les autorités sanitaires libanaises, près de 2 900 personnes ont été tuées, dont de nombreux civils, parmi lesquels des enfants. Le Hezbollah affirme pour sa part que ce bilan inclut également ses combattants.
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