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Marché marocain : la viande rouge reste chère, malgré les importations

Lundi 26 Janvier 2026 - 10:00
Par: Naji khaoula
Marché marocain : la viande rouge reste chère, malgré les importations

Les prix de la viande rouge continuent de peser lourdement sur le budget des ménages marocains. Malgré la poursuite des importations, notamment en provenance d’Amérique du Sud, aucune détente significative des tarifs ne se profile à court terme. Sur la plupart des marchés, le kilogramme dépasse toujours le seuil des 100 dirhams, avec des pics pouvant atteindre 130 dirhams, en particulier pour la viande ovine.

Le marché national reste marqué par une coexistence entre viandes locales et produits importés. Ces derniers occupent désormais une place importante dans l’approvisionnement, contribuant à satisfaire une part croissante de la demande. Toutefois, les professionnels du secteur soulignent que plusieurs contraintes structurelles freinent toute baisse notable des prix, à l’approche du mois de Ramadan et dans un contexte d’insuffisance du cheptel national.

À Casablanca-Settat, Hicham Al Jaouabri, secrétaire régional des grossistes en viande rouge, explique que les étals proposent actuellement aussi bien de la viande d’origine locale que des viandes importées, principalement du Brésil et de l’Uruguay. Selon lui, les prix de gros de la viande bovine issue des veaux brésiliens se situent entre 70 et 75 dirhams le kilogramme, tandis que celle provenant d’Uruguay oscille entre 80 et 85 dirhams. La viande locale, quant à elle, atteint environ 92 dirhams au stade du gros.

Pour la viande ovine, les tarifs pratiqués en gros varient entre 110 et 115 dirhams le kilogramme, un niveau qui se répercute directement sur les prix au détail. Le professionnel rappelle que les importations se poursuivent dans le cadre du quota gouvernemental portant sur 300.000 têtes de bétail, tout en estimant qu’aucune baisse n’est envisageable à court terme.

Les habitudes de consommation évoluent également. Après une certaine réticence observée l’an dernier, les consommateurs se tournent de plus en plus vers la viande importée. Les précipitations récentes pourraient, selon Al Jaouabri, contribuer à préserver le cheptel national et à limiter les abattages précoces, sans pour autant produire des effets immédiats sur les prix. Les marges des détaillants varient généralement entre 10 et 15 dirhams par kilogramme, alors que l’offre en bétail destiné à l’abattage demeure limitée.

À Témara, Mohamed Harma, boucher et acteur du secteur, confirme que la viande bovine importée est devenue un levier essentiel pour répondre à la demande, avec des prix de vente au détail démarrant autour de 90 dirhams le kilogramme, contre environ 125 dirhams pour la viande locale. La viande ovine, de son côté, se négocie autour de 115 dirhams sur les marchés de gros, pour atteindre entre 125 et 130 dirhams dans les boucheries.

Selon lui, les prix affichent une stabilité relative, mais à des niveaux toujours élevés. Une éventuelle détente ne pourrait intervenir qu’en cas de reprise des importations depuis l’Espagne ou d’un renforcement de l’offre. En attendant, aucune évolution notable n’a été enregistrée au cours des dernières semaines, les professionnels restant attentifs à l’impact réel des pluies sur le cheptel et sur l’équilibre du marché dans les mois à venir.


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