Urgent 13:40 UE – Un compromis commercial validé avec les États-Unis, dernière étape avant l’entrée en vigueur 13:05 Le Maroc réduit ses importations de blé grâce à une récolte exceptionnelle en 2026 12:40 Donald Trump exclut tout assouplissement des sanctions contre l’Iran 12:05 Aïd Al-Adha à Casablanca : une mobilisation exceptionnelle pour une ville plus propre 11:25 Licenciements et IA : les géants de la tech tempèrent leurs discours 10:40 Arabie saoudite : Plus de 1,7 million de fidèles accomplissent le Hajj 10:05 GNL : Les États-Unis autorisent des exportations vers le Maroc jusqu’en 2050 09:35 Décrochage scolaire au Maroc : l’urgence d’agir et le rôle clé des écoles de la deuxième chance 09:10 Les exportations métallurgiques valenciennes vers le Maroc en net recul début 2026 08:35 Crise au Moyen-Orient : la France débloque 150 millions d’euros pour soutenir son industrie chimique 08:00 Le Maroc en tête de l’industrialisation africaine en 2025 20:15 Oneworld renforce sa présence à Heathrow avec Alaska Airlines et Royal Air Maroc 19:15 Aishelun lance un investissement industriel majeur à Tanger pour conquérir les marchés internationaux 18:10 Calendrier scolaire 2026 : le ministère fixe le cap jusqu’aux examens finaux 17:15 Exportations agricoles : les États-Unis accélèrent leur percée au Maroc 16:35 Panama : une sélection prête à défier le Mondial 2026 16:00 Mondial 2026 : Brahim Díaz croit au potentiel des Lions de l’Atlas 15:10 Transport routier : le Maroc accélère la modernisation avec « Autocar Sûr » 14:00 Le Maroc, futur carrefour énergétique entre l’Afrique et l’Europe selon le logiciel Homer

Maroc-Allemagne : vers un nouveau pacte migratoire équitable et durable

Vendredi 04 Juillet 2025 - 21:03
Maroc-Allemagne : vers un nouveau pacte migratoire équitable et durable

Depuis les années 1960, le Maroc et l’Allemagne partagent une histoire migratoire singulière, forgée à la croisée de besoins économiques et de logiques postcoloniales. Ce passé, longtemps fondé sur des accords bilatéraux de main-d’œuvre, a permis à des milliers de Marocains d'intégrer le tissu productif allemand, contribuant de manière significative à son miracle économique. Aujourd’hui, le contexte a changé, mais la complémentarité demeure. Un nouveau pacte migratoire, équitable et structuré, s’impose.

Un héritage solide, des défis contemporains

Dans l’Allemagne d’après-guerre, la pénurie de main-d’œuvre industrielle était un frein à la croissance. Le Maroc, de son côté, faisait face à un chômage structurel massif après l’indépendance. Les accords migratoires signés à partir des années 1960 ont permis de répondre à ces deux impératifs, envoyant des travailleurs marocains dans les mines, la sidérurgie ou l’agriculture. Encadrés par des structures institutionnelles et soutenus par des organisations locales comme l’Union des femmes marocaines, ces flux migratoires ont marqué une coopération humaine inédite.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon le ministère allemand de l’Économie (BMWK), entre 1960 et 1980, les travailleurs immigrés ont largement contribué au doublement du PIB allemand.

2025 : une nouvelle donne géopolitique et sociale

Aujourd’hui, le Maroc dispose d’un capital humain jeune, éduqué et ambitieux : plus de 40 000 diplômé·e·s sortent chaque année des universités et établissements techniques du pays. Le gouvernement vise la création de deux millions d’emplois d’ici 2026, mais cette ambition se heurte à une conjoncture internationale complexe et à des ressources limitées.

De son côté, l’Allemagne fait face à une transition démographique sans précédent. Plus de 12 millions de baby-boomers prendront leur retraite d’ici 2035, créant une pression intense sur le marché du travail. Déjà, 1,7 million de postes sont vacants, notamment dans les secteurs des soins, du numérique, de l’éducation et de l’artisanat.

La nécessité d’un cadre nouveau : l’Agence binationale de la mobilité

Si certaines initiatives comme le programme THAMM (mis en œuvre par la GIZ) montrent la voie, elles restent ponctuelles, limitées dans leur portée et leur durée. Un pacte global, pérenne et structuré est nécessaire. Celui-ci devrait reposer sur une Agence binationale pour la mobilité et les compétences, outil de pilotage et de confiance mutuelle.

Cette agence aurait pour missions :

  • d’identifier les secteurs à forte demande dans les deux pays,
  • de développer des formations professionnelles conjointes,
  • d’organiser des cours de langue et des modules d’intégration,
  • de garantir les droits sociaux des travailleurs selon les standards de l’OIT,
  • et de favoriser la réinsertion au Maroc pour les retours volontaires.

Ce cadre garantirait une migration choisie, encadrée, loin des logiques de fuite des cerveaux, mais proche d’une logique de circulation des savoirs et des compétences.

Un modèle pour la Méditerranée de demain

Comme le rappelle Dr Soraya Moket, sociologue et experte des dynamiques migratoires : « La migration ne doit plus être pensée comme une urgence à gérer, mais comme un levier stratégique de coopération Nord-Sud ». Son engagement, reconnu par la Croix fédérale du Mérite en 2016, incarne cette vision d’un partenariat basé sur la reconnaissance, la solidarité et la justice sociale.

En se tournant vers l’avenir, le Maroc et l’Allemagne ont l’opportunité de poser les bases d’un modèle migratoire responsable, équitable et reproductible ailleurs. Un modèle dans lequel la migration devient un outil de développement partagé, et non une réponse conjoncturelle à des besoins sectoriels.

Dans un monde en mutation, marqué par les tensions géopolitiques et les défis économiques, le temps est venu pour le Maroc et l’Allemagne de réinventer leur coopération migratoire. Ce nouveau pacte, fondé sur l’éthique, la co-construction et l’intérêt mutuel, pourrait bien devenir un modèle inspirant pour toute la région euro-méditerranéenne.


  • Fajr
  • Lever du soleil
  • Dhuhr
  • Asr
  • Maghrib
  • Isha

Lire la suite

Ce site, walaw.press, utilise des cookies afin de vous offrir une bonne expérience de navigation et d’améliorer continuellement nos services. En continuant à naviguer sur ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.