Pêche au Maroc : le CESE alerte sur la surexploitation des ressources marines
La surexploitation de plusieurs espèces marines et la pression croissante sur les écosystèmes côtiers suscitent de vives inquiétudes quant à la durabilité du secteur de la pêche au Maroc. Dans un avis consacré à la biodiversité, le Conseil Économique, Social et Environnemental met en garde contre la dégradation continue des stocks halieutiques et appelle à une réforme profonde de la gouvernance environnementale.
Selon ce rapport, plusieurs espèces stratégiques sont aujourd’hui en situation critique ou proches d’un risque d’effondrement, notamment le merlu blanc, la crevette rose, la daurade rose, la courbine et l’espadon. Cette pression sur les ressources marines est aggravée par des pratiques de pêche caractérisées par des rejets importants, estimés à 22,8 % des captures totales, ce qui traduit un déséquilibre préoccupant dans l’exploitation des richesses marines.
Le CESE souligne également que la gouvernance actuelle souffre d’une forte fragmentation institutionnelle, limitant l’efficacité des politiques de préservation. Malgré des conditions naturelles favorables, notamment l’influence de l’upwelling des Canaries qui enrichit les eaux marocaines, la pression sur les écosystèmes reste élevée et fragilise leur renouvellement.
Le Maroc occupe pourtant une place importante sur le marché mondial des produits de la mer, ce qui accentue les enjeux liés à la durabilité. Toutefois, le développement de l’aquaculture reste limité, avec une production annuelle estimée à environ 3 600 tonnes, alors que le potentiel du littoral pourrait atteindre près de 380 000 tonnes, ce qui met en évidence un important retard dans la diversification des activités halieutiques.
Pour faire face à cette situation, le CESE, présidé par Abdelkader Amara, recommande l’adoption d’une loi-cadre dédiée à la biodiversité afin de renforcer la cohérence des politiques publiques. Le rapport propose notamment de rendre la stratégie nationale de biodiversité opposable à tous les secteurs, de renforcer la coordination au niveau gouvernemental et de créer des structures spécialisées au sein des ministères concernés.
Il insiste également sur l’application systématique du principe « éviter, réduire, compenser » pour tout projet ayant un impact sur les milieux marins, dans le but d’assurer un meilleur équilibre entre développement économique et préservation des écosystèmes.
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