Swinga et Nabil Mouline décryptent un chapitre sensible de l’histoire maghrébine
Trois ans après le succès du premier épisode, Swinga et l’historien marocain Nabil Mouline reviennent avec “Aji Tfham 2”, un nouveau chapitre consacré aux relations complexes entre le Maroc et l’Algérie. Ce projet audiovisuel ambitionne de rendre l’histoire accessible à un large public en mêlant rigueur scientifique et narration moderne.
À l’origine de cette initiative, un constat partagé par ses créateurs : l’histoire du Maroc reste souvent méconnue ou racontée à travers des regards extérieurs. Pour y remédier, Swinga a choisi de collaborer avec Nabil Mouline, chercheur reconnu, afin de construire un récit documenté capable de parler aussi bien aux passionnés d’histoire qu’aux jeunes générations connectées.
Ce deuxième volet s’intéresse à une période charnière du Maghreb, entre 1830 et 1847, marquée par la prise d’Alger par la France et la recomposition des équilibres politiques dans la région. Le documentaire met en lumière le rôle du sultan Moulay Abderrahmane face à la résistance menée par l’émir Abdelkader, dans un contexte où les tensions régionales allaient redéfinir durablement les rapports entre Rabat et Alger.
L’œuvre revient également sur l’intervention française au Maroc en 1844, un épisode historique majeur qui marque un tournant dans l’histoire du royaume. Les premières questions liées aux frontières modernes y trouvent leurs origines, offrant un éclairage précieux sur certaines incompréhensions qui persistent encore aujourd’hui entre les deux voisins maghrébins.
L’un des points forts de “Aji Tfham 2” réside dans sa volonté de vulgariser des faits historiques complexes. Grâce à une mise en scène soignée, des animations modernes et une narration en darija, le projet rend l’histoire plus proche du public marocain. Des sous-titres en français, en anglais et en espagnol permettent également d’élargir son audience au-delà des frontières nationales.
Le documentaire témoigne aussi de l’évolution des modes de transmission du savoir. Pour Nabil Mouline, le numérique représente désormais un outil incontournable pour partager la recherche académique. Selon lui, les nouvelles générations s’informent différemment, et les historiens doivent investir ces nouveaux formats pour préserver et transmettre la mémoire collective.
Financé en grande partie par une campagne participative ayant mobilisé plus d’un millier de contributeurs, “Aji Tfham 2” illustre enfin la force d’un projet collectif. Entre expertise universitaire, création artistique et nouvelles technologies, cette production s’impose comme une nouvelle manière de raconter l’histoire du Maghreb au grand public.
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