Kénitra et la résistance marocaine : ce que révèle le soulèvement de 1954
Le soulèvement de Kénitra d’août 1954 demeure un épisode majeur de l’histoire de la résistance marocaine. Soixante-douze ans après les événements, cette mobilisation continue d’être présentée comme l’expression d’une forte cohésion entre le Trône et le peuple, mais aussi comme un témoignage de l’engagement des habitants du Gharb en faveur de la liberté et de l’indépendance.
Cette page de l’histoire nationale a été au cœur d’un colloque organisé à Kénitra par le Haut-Commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération (HCARAMAL), sous le thème « Le soulèvement de Kénitra de 1954 : histoire et mémoire ».
À cette occasion, le Haut-commissaire aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération, Mustapha El Ktiri, a souligné la portée historique de cet épisode. Selon lui, le soulèvement illustre la convergence des aspirations nationales et l’attachement des populations locales au Trône alaouite.
Kénitra, un foyer précoce du mouvement national
L’engagement de Kénitra dans la lutte nationale ne se limite pas aux événements de 1954. La ville et, plus largement, la région du Gharb ont connu dès les premières décennies du XXe siècle l’émergence d’une conscience politique et patriotique structurée.
Au début des années 1930, plusieurs villes marocaines sont devenues des espaces de mobilisation face aux orientations des autorités du protectorat. Kénitra s’est progressivement inscrite dans cette dynamique, avec la participation de ses habitants aux différentes formes d’action nationale et de résistance.
Le parcours militant de la ville s’est ensuite poursuivi à travers plusieurs étapes de la lutte pour l’indépendance. Les mobilisations liées au soulèvement de Boufekrane, la dynamique ayant entouré la présentation du Manifeste de l’Indépendance en 1944 et les manifestations consécutives à l’assassinat de Farhat Hached en 1952 ont contribué à renforcer la mobilisation patriotique.
L’exil de Mohammed V ravive la mobilisation
Le tournant intervient le 20 août 1953, avec la déposition et l’exil de Mohammed V et de la famille royale. Cette décision des autorités du protectorat provoque une profonde onde de choc dans le pays et nourrit une nouvelle phase de mobilisation.
À Kénitra, comme dans d’autres régions du Maroc, l’attachement au souverain devient un puissant facteur de rassemblement. La contestation prend alors différentes formes, allant des manifestations populaires aux actions clandestines menées par les réseaux de résistance.
Dans ce contexte, les résistants de Kénitra participent à des opérations ciblées et apportent un soutien logistique aux réseaux engagés dans la lutte anticoloniale. Les manifestations organisées dans la ville se déroulent dans un contexte marqué par une forte répression.
Une mobilisation qui prépare l’étape de l’Armée de libération
Pour Mustapha El Ktiri, les actions menées à Kénitra ont contribué à élargir progressivement la mobilisation nationale. La résistance locale s’inscrit ainsi dans un processus plus vaste qui aboutira, en 1955, au déclenchement des opérations de l’Armée de libération.
Le soulèvement de 1954 apparaît dès lors comme un moment de transition dans l’histoire de la lutte nationale : il témoigne de la capacité de mobilisation de la population et de la continuité d’une résistance qui s’est développée sous différentes formes face au système colonial.
L’intérêt historique de cet épisode réside également dans son inscription dans la mémoire collective de la ville. La transmission de cette mémoire constitue aujourd’hui un enjeu important pour les institutions chargées de préserver les archives et les témoignages liés à la résistance.
Un colloque consacré à l’histoire et à la mémoire
Le colloque organisé à Kénitra a permis de revenir sur plusieurs dimensions de cet épisode historique. Quatre interventions académiques ont notamment porté sur les répercussions nationales et internationales du soulèvement, sa couverture dans la presse française de l’époque, les témoignages contemporains des événements ainsi que les conséquences de l’exil de Mohammed V sur la ville.
La rencontre a réuni des représentants des autorités locales, des élus, des membres de la famille de la résistance et de l’Armée de libération, ainsi que des universitaires et des chercheurs.
La manifestation a également été l’occasion de rendre hommage à sept anciens résistants et membres de l’Armée de libération. Des aides financières ont par ailleurs été remises à plusieurs membres de cette famille, donnant à cette rencontre une dimension à la fois historique, mémorielle et sociale.
À travers ce rendez-vous, Kénitra réaffirme ainsi sa place dans la mémoire de la lutte nationale et rappelle le rôle joué par le Gharb dans le long processus ayant conduit au recouvrement de l’indépendance du Maroc.
-
23:44
-
23:31
-
23:00
-
22:44
-
22:31
-
22:09
-
21:44
-
21:31
-
21:01
-
20:44
-
20:32
-
20:31
-
20:03
-
19:44
-
19:30
-
19:00
-
18:43
-
18:32
-
18:00
-
17:44
-
17:31
-
17:15
-
17:00
-
16:45
-
16:30
-
16:02
-
15:44
-
15:43
-
15:36
-
15:30
-
15:06
-
15:00
-
14:45
-
14:44
-
14:32
-
14:31
-
14:00
-
13:44
-
13:32
-
13:26
-
13:22
-
13:00
-
12:45
-
12:31
-
12:30
-
12:15
-
12:02
-
12:00
-
11:45
-
11:31
-
11:30
-
11:30
-
11:27
-
11:15
-
11:01
-
11:00
-
10:45
-
10:44
-
10:35
-
10:33
-
10:30
-
10:15
-
10:01
-
10:00
-
09:58
-
09:45
-
09:44
-
09:40
-
09:36
-
09:32
-
09:30
-
09:15
-
09:01
-
09:00
-
09:00
-
08:54
-
08:51
-
08:48
-
08:46
-
08:45
-
08:32
-
08:30
-
08:15
-
08:12
-
08:09
-
08:02
-
08:00
-
07:53
-
07:50
-
07:45
-
07:38
-
07:33
-
07:30
-
07:29
-
07:28
-
07:25
-
07:15
-
07:06
-
07:04
-
07:00