Taza : le rappeur Al Hassel condamné à huit mois de prison ferme
Le tribunal de première instance de Taza a rendu, dans la nuit de jeudi, son verdict dans l’affaire impliquant le rappeur Souhaib Qabli, connu sous le nom d’Al Hassel. L’artiste a été condamné à huit mois de prison ferme, assortis d’une amende de 1.000 dirhams, à l’issue d’une audience particulièrement longue, marquée par plus de dix heures de débats.
Cette décision intervient dans un contexte où les contenus diffusés sur les réseaux sociaux font de plus en plus l’objet d’un encadrement judiciaire strict.
Des poursuites liées à des contenus numériques
Le rappeur était poursuivi pour des publications en ligne considérées comme portant atteinte au respect dû à une institution constitutionnelle et à une instance organisée. Selon les éléments retenus par la juridiction, certains propos diffusés auraient franchi les limites fixées par la législation en vigueur.
L’affaire illustre la sensibilité croissante des autorités face aux contenus numériques, notamment lorsque ceux-ci concernent des institutions publiques.
Des acquittements partiels prononcés
Le tribunal a néanmoins écarté plusieurs chefs d’accusation. Al Hassel a été acquitté des faits liés à l’insulte envers des fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions, ainsi que de la diffusion d’informations portant atteinte à la vie privée.
La décision finale repose ainsi sur une qualification partielle des faits, avec le maintien des accusations jugées les plus graves par la juridiction.
Une défense centrée sur l’absence de preuves
Lors de l’audience, les avocats de l’artiste ont plaidé la relaxe, estimant que les éléments présentés ne permettaient pas d’établir de manière formelle les infractions reprochées.
Ils ont notamment mis en avant l’absence de preuves matérielles suffisantes pour justifier une condamnation. Une argumentation qui n’a pas convaincu le tribunal, lequel a choisi de retenir une partie des charges.
Une mobilisation autour de l’affaire
En parallèle du procès, un rassemblement de soutien s’est tenu devant le tribunal de Taza. Proches, artistes et militants se sont mobilisés pour dénoncer la condamnation et appeler à la libération du rappeur.
Cette mobilisation témoigne de l’écho rencontré par l’affaire au sein de l’opinion publique.
Un débat relancé sur la liberté d’expression
Au-delà du cas individuel, cette affaire remet au centre des discussions la question des limites de la liberté d’expression sur les plateformes numériques.
Entre responsabilité des créateurs de contenu et cadre légal, l’équilibre reste au cœur des enjeux, dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient la portée des prises de parole.
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