Afrique : une nouvelle coalition contre l’exploitation minière illégale
Une nouvelle initiative panafricaine entend renforcer la réponse face à l’exploitation minière illégale, dont les conséquences dépassent largement le seul domaine économique. Lancée jeudi à l’initiative de la Côte d’Ivoire, cette coalition vise à rapprocher les États africains autour d’une stratégie commune contre un phénomène qui affecte les terres, les ressources naturelles et la sécurité des populations.
L’annonce a été faite en marge de la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, organisée à Oulan-Bator, en Mongolie.
Une réponse fondée sur la coopération régionale
La coalition entend notamment renforcer la collaboration entre les pays confrontés aux activités minières clandestines. Parmi les priorités annoncées figurent l’intensification des échanges de renseignements, la coopération transfrontalière ainsi qu’un rapprochement des politiques publiques et des réglementations.
L’initiative prévoit également de rechercher des financements destinés à restaurer les terres et les écosystèmes dégradés par les activités minières.
Pour les autorités ivoiriennes, cette démarche traduit la volonté de faire de la lutte contre l’exploitation minière illégale un enjeu continental, à la fois environnemental et sécuritaire. La dimension transfrontalière du phénomène rend, selon Abidjan, indispensable une réponse coordonnée entre les États.
Des conséquences environnementales et sanitaires
L’exploitation minière illégale exerce une pression importante sur les écosystèmes. Les activités d’extraction peuvent notamment entraîner la dégradation des sols et la contamination des ressources en eau.
L’utilisation de produits chimiques dans certaines opérations d’orpaillage constitue également une source de préoccupation pour la santé des populations vivant à proximité des sites concernés.
À ces enjeux environnementaux et sanitaires s’ajoute une dimension sécuritaire. Dans certaines zones du Sahel, les activités minières clandestines peuvent contribuer au financement de groupes armés, renforçant ainsi les risques liés à l’instabilité régionale.
La Côte d’Ivoire renforce son dispositif
La Côte d’Ivoire figure parmi les pays qui ont intensifié leur lutte contre l’orpaillage illégal. Fin juillet, les autorités ivoiriennes avaient qualifié la situation de « fortement préoccupante » et annoncé un renforcement des opérations contre cette activité.
Depuis 2021, environ 8.500 sites d’orpaillage illégal auraient été détruits par l’unité chargée de cette mission. Quelque 4.500 personnes ont également été interpellées dans le cadre de ces opérations.
Ces chiffres illustrent l’ampleur du phénomène auquel sont confrontées les autorités ivoiriennes, mais aussi les difficultés à éradiquer durablement des activités souvent implantées dans des zones difficiles à contrôler.
Le Ghana également confronté au phénomène
Le sujet dépasse les frontières ivoiriennes. Le Ghana, premier producteur d’or du continent africain, a lui aussi adopté des mesures spécifiques contre l’exploitation minière illégale.
Fin 2024, les autorités ghanéennes avaient ainsi renforcé leur dispositif de lutte contre ce phénomène, qui représente un défi important pour la préservation des ressources naturelles et la régulation du secteur minier.
La création de cette coalition africaine ouvre donc la voie à une approche plus collective. En favorisant l’échange d’informations, la coordination des politiques et la mobilisation de financements pour la restauration des territoires dégradés, ses promoteurs cherchent à traiter l’exploitation minière illégale comme un problème dépassant les capacités d’action d’un seul État.
Un enjeu pour les terres et la stabilité du continent
Au-delà de la lutte contre les activités clandestines, l’initiative place la restauration des terres au cœur de la réponse africaine. La dégradation des écosystèmes provoquée par certaines exploitations minières peut affecter durablement les ressources naturelles et les activités des populations locales.
La coalition devra désormais transformer ses ambitions en mécanismes opérationnels capables de renforcer la surveillance, la coopération entre administrations et la restauration des zones affectées.
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