Travail précaire dans la restauration : des milliers d’irrégularités épinglées en 2025
Le secteur des cafés et restaurants continue de faire l’objet d’un suivi rigoureux au Maroc. Au cours du premier semestre 2025, les services de l’Inspection du travail ont multiplié les opérations de contrôle, mettant en évidence un volume important d’irrégularités.
Ces données ont été rendues publiques dans le cadre d’une réponse écrite adressée par le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri, à une question du groupe parlementaire du Mouvement populaire à la Chambre des représentants.
Près de 14.000 observations en six mois
Selon les chiffres communiqués, 1.717 visites ont été effectuées dans les établissements relevant du secteur des cafés et restaurants, sur un total de 12.188 visites réalisées tous secteurs confondus, soit 14,09 % de l’ensemble des contrôles.
Ces inspections ont donné lieu à 13.699 observations adressées aux employeurs. Parmi elles :
4.243 concernent les salaires ;
1.883 portent sur la protection sociale ;
132 sont liées à l’hygiène et à la sécurité au travail.
Les opérations ont également abouti à l’établissement de 39 procès-verbaux, faisant état de 258 infractions et 97 délits. Ces chiffres traduisent l’ampleur des dysfonctionnements persistants dans un secteur marqué par une forte précarité de l’emploi.
Un dispositif de contrôle à vocation dissuasive
Le ministère précise que lorsqu’une infraction est constatée, les inspecteurs du travail adressent d’abord des observations ou des avertissements, avec ou sans délai de régularisation. En cas de manquements graves ou persistants, des procès-verbaux sont établis afin d’engager les procédures nécessaires.
L’objectif affiché est de consolider le respect de la législation sociale, d’améliorer les conditions de travail et de préserver l’équilibre des relations professionnelles. Cette dynamique s’inscrit également dans une volonté d’alignement du cadre juridique national sur les standards internationaux, notamment les conventions 100 et 111 de l’Organisation internationale du travail relatives à l’égalité de rémunération et à la non-discrimination en matière d’emploi.
Revalorisation salariale et coordination institutionnelle
Au-delà des contrôles, le gouvernement met en avant des mesures structurelles. Le ministre rappelle ainsi l’entrée en vigueur du décret n°2.24.1122 portant augmentation du salaire minimum légal dans les secteurs agricoles et non agricoles. Une hausse de 5 % est appliquée dans les activités non agricoles depuis le 1er janvier 2025, tandis qu’une seconde tranche est prévue au début de 2026.
La question de la couverture sociale demeure également prioritaire. Dans le cadre d’une coopération renforcée avec la Caisse nationale de sécurité sociale, un échange régulier d’informations est assuré concernant les infractions constatées, chaque institution intervenant dans le cadre de ses compétences.
Une coordination est aussi maintenue avec le ministère public afin de suivre les infractions consignées dans les procès-verbaux et les décisions judiciaires rendues. L’enjeu est clair : garantir le respect effectif des droits des salariés dans les entreprises privées.
Un défi structurel pour un secteur stratégique
Ces statistiques illustrent à la fois l’intensification des contrôles et l’ampleur des irrégularités relevées dans un secteur clé de l’économie nationale. Si le renforcement des mécanismes de surveillance constitue une avancée, le défi majeur demeure l’amélioration durable des conditions de travail et l’ancrage d’une culture de conformité aux normes sociales.
Au-delà des chiffres, c’est bien la protection effective des travailleurs qui reste au cœur des priorités.
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