Volkswagen prépare une vaste restructuration avec 50 000 suppressions de postes supplémentaires
Volkswagen accélère sa transformation. Le conseil de surveillance du constructeur automobile allemand a validé jeudi, à l’unanimité, un vaste programme de restructuration destiné à renforcer la compétitivité du groupe face aux mutations du marché automobile mondial. Au cœur de ce plan figure une nouvelle réduction des effectifs pouvant atteindre environ 50 000 postes dans le monde, en plus des suppressions déjà programmées en Allemagne.
Baptisé « plan d’avenir », le programme présenté par le directoire doit permettre au groupe et à ses différentes marques de réduire leurs coûts, de simplifier leur organisation et de mieux adapter leur appareil industriel à l’évolution de la demande.
Volkswagen fixe désormais un objectif de 9 % de marge opérationnelle à l’horizon 2030, ce qui correspondrait à environ 31 milliards d’euros de résultat opérationnel.
Un nouveau choc sur les effectifs
La réduction annoncée vient s’ajouter à un précédent effort de restructuration déjà engagé par le groupe. En Allemagne, Volkswagen, Audi, Porsche et Cariad ont convenu de réduire leurs effectifs d’environ 50 000 postes d’ici 2030.
Ces départs doivent principalement intervenir sur une base volontaire et à travers des dispositifs de départ anticipé. Le nouveau programme élargit désormais l’effort à l’échelle internationale et pourrait concerner différents niveaux de l’organisation, y compris certaines fonctions de direction.
La répartition exacte des 50 000 suppressions supplémentaires entre les marques et les régions n’a toutefois pas encore été détaillée.
Cette nouvelle réduction des effectifs intervient alors que le groupe cherche à adapter ses capacités industrielles à une demande devenue plus difficile à anticiper et à un environnement automobile marqué par une concurrence accrue.
Une industrie européenne jugée surdimensionnée
Volkswagen estime actuellement disposer d’une capacité de production excédentaire d’environ 500 000 véhicules par an en Europe. Cette situation pèse sur l’utilisation des usines et renforce la pression exercée sur les coûts de production.
Plusieurs sites allemands se retrouvent ainsi au centre des interrogations. L’avenir, après 2030, des usines d’Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm n’est pas encore garanti, le groupe estimant que de nouveaux programmes industriels suffisamment compétitifs devront être identifiés pour assurer leur pérennité.
Volkswagen prévoit donc de revoir en profondeur son réseau industriel européen. Un nouveau modèle d’organisation de la production doit être élaboré d’ici juin 2027 afin de rendre durablement compétitives les différentes implantations du groupe.
Moins de modèles et une offre simplifiée
La restructuration ne concerne pas uniquement les salariés et les usines. Volkswagen entend également agir sur la complexité de son portefeuille de produits.
Le constructeur vise des ventes annuelles d’environ 9 millions de véhicules et prévoit de réduire de près de moitié sa gamme de modèles d’ici 2035. Le groupe souhaite également diminuer d’environ 75 % le nombre de variantes proposées.
Cette stratégie vise à simplifier la production, limiter les coûts liés à la multiplication des versions et concentrer les investissements sur les véhicules présentant les meilleures perspectives commerciales.
Le portefeuille global d’activités doit lui aussi être resserré. Volkswagen prévoit ainsi de réduire d’environ un tiers le nombre de ses participations et de ses activités.
Un objectif de rentabilité fixé pour 2030
Derrière cette vaste réorganisation se trouve un objectif financier clairement défini. Volkswagen veut porter sa marge opérationnelle à 9 % à l’horizon 2030.
Le groupe considère cette transformation comme une condition nécessaire à la préservation de sa compétitivité sur le long terme. L’industrie automobile est confrontée à une profonde recomposition, marquée notamment par l’évolution des technologies, la montée de nouveaux concurrents et la nécessité de maîtriser les investissements.
Pour Volkswagen, l’enjeu consiste donc à dégager davantage de rentabilité tout en simplifiant son organisation et en réduisant les capacités devenues excédentaires.
Les syndicats face à une nouvelle vague de suppressions
Le plan intervient toutefois dans un climat social particulièrement sensible. Les représentants des salariés et les syndicats se sont déjà opposés à de nouvelles réductions massives des effectifs ainsi qu’à la perspective de fermetures ou de transformations de certains sites allemands.
Les annonces du groupe risquent ainsi de relancer les tensions autour de l’avenir de l’industrie automobile en Allemagne. Les négociations sociales devront notamment déterminer les modalités concrètes des réductions d’effectifs et le devenir des différents sites concernés.
Au-delà des économies recherchées, Volkswagen doit donc relever un double défi : accélérer sa transformation industrielle tout en limitant les conséquences sociales de cette réorganisation.
Le vote unanime du conseil de surveillance marque une étape importante dans cette stratégie. Mais la mise en œuvre du plan devrait désormais ouvrir une nouvelle phase de discussions avec les salariés, alors que le constructeur tente de redessiner son modèle industriel pour la prochaine décennie.
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