Urgent 12:15 Maroc : une future plateforme régionale pour les matériaux de batteries lithium-ion 12:00 Fusion CNOPS-CNSS : un chantier stratégique sous haute tension 11:48 Addoha accélère son expansion africaine avec un projet immobilier majeur à Abidjan 11:40 Paiement électronique : CDM Pay élargit son portefeuille clients et consolide sa présence sur le marché marocain 11:30 Washington retire une autorisation d’exportation de gaz naturel comprimé incluant le Maroc 11:29 Maroc : face à la flambée des prix du poisson, le plafonnement se profile comme ultime recours 11:15 Sécurité et diplomatie : la France cherche à reconstruire le lien avec l’Algérie 11:01 Disparition de Michel Portal : l’icône du jazz moderne laisse un héritage majeur 10:44 Tennis junior : Ali Missoum entre dans le Top 100 mondial après sa finale à Casablanca 10:31 Réserves d’eau en hausse : le Maroc dépasse les 11 milliards de m³ stockés 10:03 Nucléaire iranien : Genève au cœur d’un bras de fer diplomatique avec Washington 09:58 Love Brand | Fatehi Nora parmi les personnalités préférées en 2025 09:58 Love Brand | La Cigogne parmi les marques préférées en 2025 09:45 Samir : un enjeu clé pour la sécurité énergétique 09:43 Surf international : Taghazout Bay confirme son statut mondial avec le retour du Pro QS 4 000 09:30 Maroc et Banque mondiale : un nouveau programme pour l’emploi durable et inclusif 09:26 Santé mentale au Maroc : les psychologues lancent une nouvelle organisation nationale 09:01 Nador West Med, le nouveau pilier industriel et énergétique du Maroc 08:44 Industrie cinématographique : le Maroc accélère son positionnement sur la scène mondiale 08:30 Inondations à Sidi Kacem : retour progressif des habitants évacués à Gharb Beni Malek 08:14 Listes électorales 2026 : calendrier officiel de consultation et de recours dévoilé 08:14 Aéronautique : le Maroc accueille une usine stratégique de Safran dès 2029 23:48 Voie express Tiznit-Dakhla : un viaduc colossal avance à 36 % 23:02 Exportations turques : le Maroc en tête de la croissance en Afrique du Nord 22:02 CAF : les parcours complets des clubs africains bientôt connus 21:04 Ilyas Chaira illumine la Liga avec un but magistral contre Bilbao 20:03 Football : l’OM en plein chaos, Medhi Benatia quitte ses fonctions 19:04 Agadir : enquête judiciaire après la chute mortelle d’un patient au CHU Mohammed VI 18:03 Taounate face à l’abondance d’eau : le barrage Bouhouda dépasse toutes les prévisions 17:01 Framboises : le Maroc en tête des expéditions internationales 16:27 Volkswagen évalue un déplacement de sa production sud-africaine vers le Maroc 16:03 Ksar El Kébir tourne la page des inondations et organise le retour à la normale 15:44 Sélection de la semaine : retour des sinistrés et avancée diplomatique majeure à Madrid 15:02 156 millions de m³ pour sécuriser l’Oriental : focus sur le barrage Oued Za 14:03 Sécuriser l’avenir : Sound Energy prépare Tendrara pour sa première production 13:03 Exportations record : l’avocat marocain séduit l’Europe

"Without trust, there can be no genuine peace…"

Dimanche 20 Avril 2025 - 17:34
Par: Sabri Anouar
"Without trust, there can be no genuine peace…"

Les nations, comme les êtres humains, vivent de relations. Et toute relation, pour durer, a besoin d’un socle invisible mais vital : la confiance. Lorsqu’elle s’effrite, tout vacille. Le dialogue devient confrontation. La coopération, méfiance. Et la paix, au mieux, une pause entre deux tensions.
Cette vérité résonne aujourd’hui avec une gravité particulière au Sahel, où les liens entre États, peuples et institutions se fragilisent, se tendent, parfois se brisent. Ce n’est pas seulement la sécurité qui est en jeu. C’est la possibilité d’un avenir commun. Car les traités ne suffisent pas. Les alliances non plus. Ce qui fait tenir les relations, c’est cette matière invisible mais essentielle : la confiance. Sans elle, il n’y a pas de diplomatie. Il n’y a que des arrangements temporaires.

Ce que dit la confiance

Le choix de cette citation de Ban Ki-moon (ancien secrétaire général des Nations unies, diplomate sud-coréen né en 1944) — “Without trust, there can be no genuine peace—neither in society nor in the international arena.” — ne relève pas du simple effet rhétorique. Elle résume un principe fondamental : sans confiance, la paix ne repose sur rien de durable.
Et cette absence de paix n’est jamais simplement une affaire d’idéologie ou de rapports de force. Elle révèle d’abord un échec relationnel. Si cet édito se penche sur le Sahel, c’est parce que cette région incarne intensément les conséquences de la rupture des liens : insécurité permanente, revirements de posture, influences croisées, perte d’ancrage. Le tout sur fond de frustration populaire, de crise institutionnelle et de recomposition des alliances.
C’est aussi parce qu’à ce délitement, le Maroc oppose une autre lecture, une autre manière de faire relation, une autre façon d’être présent.
L’épisode diplomatique du 6 avril 2025 illustre cette fragilité. Ce jour-là, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont rappelé leurs ambassadeurs en Algérie après la destruction, par l’armée algérienne, d’un drone malien à la frontière. L’Alliance des États du Sahel y a vu une atteinte à sa souveraineté. L’Algérie a riposté en rappelant ses propres ambassadeurs et en fermant son espace aérien au Mali.
Ce n’est plus seulement la coopération qui s’effondre, mais le langage même des relations diplomatiques. La défiance remplace le dialogue. Et c’est là que se joue l’essentiel : sans confiance, plus rien ne tient.

Une relation séculaire, une vision contemporaine

Le Maroc n’a pas découvert le Sahel au XXIe siècle. Depuis des siècles, des liens profonds unissent le royaume à cette région : routes caravanières, échanges intellectuels, ancrage religieux, proximité humaine. De Tombouctou à Gao, l’influence marocaine s’est exercée non par conquête, mais par rayonnement.
Cette histoire n’a jamais été rompue. Elle a changé de forme, traversé des silences, mais elle n’a cessé de produire du lien. Aujourd’hui encore, elle inspire une diplomatie enracinée, patiente, à rebours des logiques d’ingérence.
Cette posture s’exprime dans le temps long. Le Maroc n’a pas cédé à l’alarmisme ni à la condamnation facile. Il agit. Discrètement, mais avec constance. Il ne promet pas, il construit. Il ne commente pas, il se connecte. Il agit moins par injonction que par influence, moins par démonstration de force que par continuité d’alliance. Il conjugue les leviers du soft power à une vision stratégique d’un continent africain émancipé, solidaire et multipolaire.

Face à l’emballement, une diplomatie de constance

Les dernières semaines n’ont fait que confirmer l’urgence. Début avril, la Russie annonçait son soutien militaire aux juntes du Mali, du Burkina Faso et du Niger, actant un tournant géopolitique majeur. En février, les services marocains démantelaient une cellule de l’État islamique liée au Sahel, avec des projets d’attentats sur notre sol.
Face à cette recomposition rapide, le Maroc n’adopte pas de position de surplomb. Il n’alimente pas les tensions. Il agit sur la durée, selon une ligne claire : celle de la construction. Là où d’autres agitent les armes ou les doctrines, le Maroc propose des solutions. Il forme des imams. Il conseille des institutions. Il accompagne des agricultures. Il bâtit des routes. Il écoute avant d’agir. Et lorsqu’il agit, c’est pour relier.

Faire le choix de la coopération

La relation, dans sa forme la plus noble, précède l’économie, transcende la politique, et parfois même défie l’histoire. Ce sont les relations — entre individus, sociétés, nations — qui font les équilibres durables. Là où elles se rompent, l’instabilité prospère.
Bertrand Russell (philosophe britannique et Prix Nobel de littérature 1950, 1872-1970) le rappelait avec justesse : “The only thing that will redeem mankind is cooperation.
Coopérer, ce n’est ni s’aligner, ni céder. C’est reconnaître que la paix ne s’impose pas. Elle se construit. Et elle se construit à travers des relations fondées sur la confiance.

L’art de la retenue

La diplomatie marocaine ne s’exhibe pas. Elle s’inscrit. Elle repose sur une retenue rare. Trois piliers la fondent : une légitimité spirituelle et historique largement reconnue dans les pays sahéliens, une logique de partenariat intégré et gagnant-gagnant, et une constance qui transcende les régimes.
Henry Kissinger (ancien Secrétaire d'État des États-Unis et Prix Nobel de la paix de 1973, 1923-2023) aurait pu décrire le Maroc lorsqu’il définissait la diplomatie comme : “Diplomacy: the art of restraining power.

Une vision royale

Formation d’imams dans un islam tolérant. Port de Dakhla Atlantique comme cordon logistique entre le Maroc et les États sahéliens. Projets dans l’agriculture, l’énergie, l’éducation. Coopération sécuritaire discrète et efficace. Présence diplomatique continue, même dans les pays en transition. Engagement assumé pour une coopération Sud-Sud portée par la vision royale.
Le 6 novembre 2023, à l’occasion du discours de la Marche Verte, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l'assite, annonçait l’Initiative Royale pour l’accès des pays sahéliens à l’Atlantique. Une vision structurante pour désenclaver les économies de l’intérieur du continent et leur ouvrir un accès logistique, commercial et énergétique durable.
Dans ce cadre, le port de Dakhla Atlantique devient un pilier stratégique. Plus qu’un port, c’est une porte. Un trait d’union entre le cœur du continent et les courants du monde. Ce projet illustre ce que peut une diplomatie marocaine : souveraine, tranquille, tournée vers l’intégration.

Une vision souveraine pour un destin partagé

Ce que vit le Sahel est à la fois un signal et un test. Signal de ce que devient une région quand les liens se défont. Test pour ceux qui prétendent à un leadership africain, mais peinent à préserver les fondements de la relation..
Le Maroc ne figure peut-être pas dans la cartographie étroite du Sahel, mais il en partage les défis, les équilibres à préserver, et les horizons à construire. Car un destin ne s’impose pas. Il se construit. Relation après relation. Acte après acte. Dans la durée.
Et c’est bien là la force de la vision marocaine : elle ne se réduit pas à une stratégie conjoncturelle. Elle trace un cap. Elle exprime une manière d’être au monde. Et pour le Maroc, elle incarne une fidélité à son histoire, et un engagement envers un avenir à la hauteur de ses responsabilités.


  • Fajr
  • Lever du soleil
  • Dhuhr
  • Asr
  • Maghrib
  • Isha

Lire la suite

Ce site, walaw.press, utilise des cookies afin de vous offrir une bonne expérience de navigation et d’améliorer continuellement nos services. En continuant à naviguer sur ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.