Benjamin Netanyahu visé par une demande de notice rouge de la Turquie
La justice turque franchit une nouvelle étape dans sa procédure visant des responsables israéliens. Le ministre turc de la Justice, Akin Gurlek, a annoncé vendredi que son ministère avait sollicité l’émission de notices rouges en vue de l’arrestation internationale du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et d’un autre ressortissant israélien, Afek Moskovitch.
Cette initiative judiciaire intervient dans le prolongement d’une enquête ouverte notamment après l’interception, en mai dernier, d’une flottille internationale qui tentait d’attirer l’attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza.
Une procédure fondée sur des accusations graves
Selon les autorités turques, la demande adressée au ministère de l’Intérieur s’inscrit dans le cadre de mandats d’arrêt délivrés le 14 juillet 2026. Benjamin Netanyahu et Afek Moskovitch sont visés par une série d’accusations comprenant notamment des crimes contre l’humanité, le génocide, des faits de torture, de destruction de biens et de pillage, ainsi que d’autres chefs liés aux événements examinés par la justice turque.
Cette procédure ne constitue pas la première action engagée par Ankara contre des responsables israéliens. En novembre 2025, la justice turque avait déjà émis des mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et plusieurs autres responsables israéliens, dans le contexte de la guerre menée dans la bande de Gaza.
La Turquie figure parmi les pays les plus critiques de l’offensive israélienne déclenchée après l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023. Ankara avait également rejoint la procédure engagée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice contre Israël au titre de la Convention sur le génocide.
La flottille pour Gaza au cœur de l’enquête
L’un des volets de la procédure concerne l’interception, en mai, de la « Global Sumud Flotilla », un convoi maritime composé d’une cinquantaine d’embarcations. Les participants entendaient dénoncer la situation humanitaire à Gaza et contester le blocus maritime imposé au territoire palestinien.
Environ 430 membres d’équipage et passagers avaient été interceptés par l’armée israélienne dans les eaux internationales, entre Chypre et les côtes israéliennes, avant d’être conduits en Israël et placés en détention. Une partie des participants avait ensuite été expulsée et transférée vers Istanbul.
L’affaire avait suscité une importante controverse internationale, notamment après la diffusion d’images montrant des militants arrêtés lors de l’opération maritime. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait lui-même alimenté la polémique en publiant une vidéo de personnes interpellées, agenouillées et les mains attachées.
Une précédente initiative maritime en direction de Gaza avait déjà été stoppée par Israël en avril, au large de la Grèce.
Un soldat israélien également mis en cause
La procédure turque vise également Afek Moskovitch, présenté par l’agence IHA comme un soldat appartenant au 71e bataillon blindé de l’armée israélienne.
Selon les éléments rapportés dans l’acte d’accusation, le militaire est notamment mis en cause à partir de contenus qu’il aurait lui-même publiés sur les réseaux sociaux. Une vidéo diffusée sur son compte Instagram montrerait notamment des véhicules militaires participant à la destruction d’infrastructures situées à proximité de l’Université islamique de Gaza, dont un hôpital et une faculté de médecine.
Pour les autorités judiciaires turques, ces images constituent un élément parmi ceux examinés dans le cadre d’une enquête plus large portant sur les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza.
Une nouvelle dimension dans le bras de fer entre Ankara et Israël
La demande d’émission de notices rouges marque une nouvelle montée en puissance du contentieux judiciaire et diplomatique opposant la Turquie à Israël depuis le début de la guerre à Gaza.
Si la procédure engagée par Ankara s’inscrit dans son propre cadre judiciaire, elle intervient également dans un contexte international où les conséquences de la guerre, la situation humanitaire à Gaza et les responsabilités des différents acteurs continuent de faire l’objet de multiples procédures, enquêtes et débats devant différentes juridictions.
Cette nouvelle initiative turque confirme ainsi la volonté d’Ankara d’utiliser également le levier judiciaire international dans sa confrontation politique et diplomatique avec le gouvernement israélien.
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