Yémen : plus de 46 000 personnes déplacées par l’escalade des combats
La reprise des affrontements au Yémen provoque une nouvelle vague de déplacements forcés. Plus de 46 000 personnes ont déjà quitté leur domicile depuis l’intensification des combats la semaine dernière, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Un bilan encore provisoire, qui continue de progresser alors que les affrontements gagnent des secteurs densément peuplés.
Face à cette situation, l’agence onusienne appelle les différentes parties au conflit à garantir des conditions permettant aux populations civiles d’accéder à l’aide humanitaire, tout en assurant la sécurité des travailleurs, des installations et des équipements humanitaires.
Des familles contraintes de fuir à nouveau
Dans plusieurs zones touchées, le déplacement n’est pas une première. Certaines familles se retrouvent contraintes de quitter leur lieu de vie pour la deuxième, voire la troisième fois depuis le début du conflit.
L’OIM alerte sur la vulnérabilité croissante de ces populations, qui disposent de très peu de ressources au moment de leur fuite. L’extension des combats complique parallèlement l’accès des organisations humanitaires aux personnes qui ont besoin d’une assistance immédiate.
Le bilan de plus de 46 000 déplacés, établi jeudi, concerne notamment les gouvernorats situés sur la côte Ouest ainsi que celui de Taëz. De nouveaux mouvements sont toutefois signalés en continu. Dans la ville de Mokha, plusieurs habitants auraient quitté leur domicile durant la nuit, emportant avec eux les quelques biens qu’ils pouvaient transporter.
Des villages vidés et des axes stratégiques coupés
La pression s’étend également à d’autres régions. De nouvelles arrivées de personnes déplacées sont rapportées dans les gouvernorats de Lahj et d’Aden, tandis que certains déplacements se poursuivent vers le nord, notamment en direction d’Ibb.
Dans les secteurs de Maqbanah, Jabal Habashi et Al Ma’afer, des villages entiers auraient été désertés à mesure que les combats se rapprochent des zones habitées.
La situation est d’autant plus préoccupante que la liaison routière entre Mokha et Taëz aurait été interrompue. Cet axe joue un rôle important dans l’acheminement des approvisionnements et sa coupure risque d’accroître les difficultés auxquelles sont confrontées les communautés locales et les populations nouvellement déplacées.
Les télécommunications compliquent le suivi
L’OIM tente de mettre à jour en permanence les données relatives aux déplacements afin d’adapter la réponse humanitaire. Mais les importantes perturbations des télécommunications dans les zones affectées rendent cette tâche particulièrement difficile.
Les équipes de suivi des déplacements de l’organisation cherchent notamment à identifier les nouveaux mouvements de population et à mieux mesurer l’ampleur des besoins. Cette collecte d’informations est essentielle pour orienter les ressources vers les secteurs les plus durement touchés.
Pour l’heure, les besoins prioritaires concernent notamment l’hébergement, l’alimentation, l’accès à l’eau, les articles essentiels pour les ménages, les soins médicaux et la protection des personnes vulnérables.
L’aide humanitaire suspendue face à l’insécurité
Présente auprès des populations déplacées depuis le début du conflit, l’OIM intervient notamment dans les domaines de l’hébergement, des questions liées aux terrains et aux logements ainsi que dans la coordination et la gestion des sites accueillant les déplacés.
Mais la dégradation des conditions de sécurité a conduit l’organisation à suspendre temporairement l’ensemble de ses mouvements opérationnels à partir de vendredi.
Cette interruption intervient alors que les besoins humanitaires restent considérables. L’organisation indique par ailleurs que ses réserves d’urgence ont déjà été épuisées à la suite des opérations engagées récemment pour répondre aux conséquences des inondations.
L’OIM réclame un accès humanitaire durable
L’agence onusienne demande à toutes les parties de garantir un accès humanitaire sûr et durable aux populations affectées. Elle insiste également sur la nécessité de protéger les personnels humanitaires, leurs locaux et les équipements indispensables à la poursuite des opérations.
Le rétablissement des voies de transport et des communications constitue également une priorité pour permettre l’acheminement de l’aide vers les communautés isolées.
Alors que le nombre de déplacés continue d’augmenter, l’évolution des combats fait craindre une aggravation rapide de la crise humanitaire. Pour les familles déjà déplacées à plusieurs reprises, chaque nouvelle offensive signifie une nouvelle fuite, dans un contexte où les ressources disponibles pour répondre aux besoins les plus élémentaires sont de plus en plus limitées.
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