Eau potable : Tanger accélère son virage vers le dessalement
Le projet de station de dessalement d’eau de mer à Tanger franchit une nouvelle étape décisive. Office national de l’électricité et de l’eau potable a récemment lancé un appel d’offres pour recruter un cabinet d’expertise chargé d’accompagner la structuration complète de ce chantier d’envergure, appelé à renforcer durablement l’approvisionnement en eau potable de la région.
À travers cette initiative, l’Office cherche à sécuriser un projet complexe, tant sur le plan technique que financier et juridique. L’accompagnement attendu dépasse le simple conseil : il s’agit d’une mission intégrée couvrant l’ensemble du cycle de vie du partenariat public-privé (PPP), depuis l’évaluation des offres jusqu’au suivi post-contractuel. Le cabinet sélectionné interviendra notamment dans l’analyse des propositions des opérateurs, la négociation des clauses contractuelles, ainsi que l’audit du modèle financier.
L’infrastructure envisagée repose sur un dispositif complet comprenant la captation de l’eau de mer, son traitement, la gestion des rejets, ainsi que des installations de stockage et d’alimentation électrique, dont une ligne haute tension dédiée. Bien que certaines composantes, comme les adductions d’eau potable, soient exclues du périmètre du PPP, l’ensemble du système devra fonctionner de manière cohérente pour garantir une performance optimale.
Les exigences environnementales occupent également une place centrale dans ce projet. La réalisation d’études d’impact approfondies et la mise en œuvre d’un plan de gestion environnementale et sociale seront indispensables. Ces dispositifs devront notamment prendre en compte la protection de la biodiversité, la prévention des risques de pollution et l’adhésion des populations locales.
Au-delà des aspects techniques, ce chantier illustre l’importance croissante de la gouvernance dans les grands projets hydriques. Le recours au PPP implique une répartition rigoureuse des risques entre acteurs publics et privés, ainsi qu’une maîtrise fine des mécanismes financiers et contractuels conformes aux standards internationaux.
Ce projet s’inscrit dans un contexte marqué par une pression hydrique accrue dans le nord du Maroc. Les ressources traditionnelles, notamment les barrages Ibn Battouta, 9 Avril 1947 et Kharroub, ainsi que les nappes souterraines, montrent leurs limites face à la succession des épisodes de sécheresse. Des solutions provisoires, comme le recours au barrage Dar Khrofa, ont été mobilisées, sans toutefois offrir de réponse durable.
Avec une capacité annoncée de 150 millions de mètres cubes par an, la future station de dessalement ambitionne d’opérer un véritable changement de paradigme. En s’appuyant sur des ressources non conventionnelles, elle devrait permettre de sécuriser l’approvisionnement en eau potable de Tanger sur le long terme, tout en accompagnant son développement économique et urbain.
À mesure que le projet entre dans sa phase opérationnelle, ce sont désormais les étapes de structuration, de contractualisation et de modélisation financière qui seront déterminantes pour sa réussite. Car dans les grands projets d’infrastructure, les choix effectués en amont conditionnent souvent la solidité et la durabilité des réalisations futures.
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